‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 38 sur 268 · LA DESTRUCTION DU SAINT-SEPULCRE · texte numérisé non relu

LA DESTRUCTION DU SAINT-SEPULCRE

les juifs un billot de bois qui avait la forme d'une tête de veau, en souvenir du veau d'or. La terreur était telle que la foule s'écrasait dans les bureaux de l'administration musulmane où l'on recevait les promesses d'abjuration K II va sans dire que les pèlerins occidentaux n'étaient pas épargnés : l'évêque de Yerceil, Pierre, fut arrêté en Egypte et jeté en prison et il ne dut son salut qu'à l'inlervention d'un moine italien, saint Bononius, établi depuis plusieurs années en Orient; il réussit, on ne sait par quel moyen, à obtenir la délivrance de son compatriote ^.

Puis brusquement les dispositions d'Hakem changèrent : soit par un nouveau caprice, soit pour des raisons politiques, telles que le désir de rétablir les relations rompues avec l'empire byzantin, il cessa de persécuter les chrétiens et accueillit même leurs demandes avec bienveillance. En 1020, il refusait de recevoir des dénonciations contre les chrétiens de Syrie qui se réunissaient dans des maisons pour y prier; la même année il recevait favorablement la requête de Saîomon, higoumène du mont Athos, qui demandait la restitution des biens de son monastère confisqués en Egypte^; enfin le patriarche de Jérusalem étant mort, il choisissait pour lui succéder le prêtre chrétien Nicéphore qui exerçait les fonctions de charpentier dans son palais^. La situation des chrétiens de Terre Sainte redevint donc tolérable, mais la persécution d'Hakem n'en porta pas moins un coup funeste à l'influence des Latins en Orient. Le protectorat franc établi par Charlemagne était détruit et une autre puissance allait en recueillir momentanément l'héritage.

i. SCHLOMBERGER, p. 444.

.2. Vita S. Bononii, Madillon, A. 0. S. fî., VI saec, pars I» p. 268.

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