ScHLUMBERGER, p. 458 (d'aprcs Ic fécit de Jalijâ
§ 2. — Le protectorat byzantin sur la Terre Sainte.
A Les empereurs de la dynastie macédonienne en effet
avaient repris contre l'islam une vigoureuse offensive^ qui en un demi-siècle avait porté leur domination dej l'Asie Mineure aux frontières de la Palestine. La conquête de l'île de Chypre et la prise d'Antioche sous Nicéphore Pliocas (965-968) et surtout les victoires de Jean Tzimitzès, qui en 974 s'empara d'Édesse, d'iimèse, de Nazareth, de Césarée et de Beyrouth, excitèrent un moment l'espoir des chrétiens de Palestine et rétablirent en Orient le prestige des empereurs de Constantinople ^ « Notre désir était d'affranchir le saint tombeau du Christ des outrages des musulmans », écrivait Tzimitzès à Aschod roi d'Arménie^. Si les circonstances,, et en particulier la grande lutte avec la Bulgarie, empêchèrent les empereurs byzantins de réaliser ces projets, ils n'en acquirent pas! moins sur la Syrie une influence qui leur permit dei substituer leur protectorat sur les Lieux Saints à celui ' des Francs. Un fait peu connu rapporté par la chronique de Jahjâ montre quel était alors leur prestige. En 1012, un chef bédouin se révolta contre Hakem et s'empara de toute la Syrie ; à peine était-il maître de Jérusalem qu'il ordonna aux chrétiens de reconstruire le Saint-Sépulcre et, afin de s'attirer les bonnes grâces des empereurs byzantins, il s'employa lui-même avec activité à cette entreprise ^.
1. L'émotion excitée en 966 par les succès de Nicéphore Phocas amena à Jérusalem des troubles à la suite desquels le patriarche Jean fut massacré et ie Saint-Sépulcre violé une première fois. Schlumberger, Épopée byzantine. H, p. 4i2.
2. Chron. de Mathieu d'Édesse, Histor, Armen. des Croisades, I, i p. 16-19.