Bib. de l'Ecole des Chartes, XXV, p. S
mour (Ips Occidentaux pour la Terre Sainte avait donc : triomphé de toutes les difficultés et leurs relations avec l'Orient devenaient pour eux comme une nécessité religieuse, lorsqu'une nouvelle catastrophe, Tinvasion des Turcs, vint tout remettre en question.
§ 5. — Les invasions des Turcs et les origines des croisades.
Ce fut en 1064 que les Seldjoucides, maîtres du califat de Bagdad, commencèrent à menacer les solides frontières de l'empire byzantin. Ils s'attaquèrent d'abord à ses annexes. Ani, la ville principale de l'Arménie byzantine tomba dans leurs mains (6 juillet 1064) et ils purent étendre leurs ravages jusqu'à l'Euphrate. Le prince arménien de Kars, incapable de se défendre, céda son état à l'empire et reçut en échange dans le Taurus cilicien un' territoire qui fut l'origine du royaume de Petite-Arménie. En 1068 Alp-Arslan, neveu et successeur de Togrul-bey, passait l'Euphrate et s'emparait de Césarée de Cappadoce, une des grandes métropoles ecclésiastiques de l'empire : les barbares pillaient l'église de Saint-Basile et profanaient le tombeau du saint. Au même moment les Turcs attaquaient les possessions des Fatimites : le kharisinien Ansiz-ibn-Abik s'emparait de Jérusalem en 1070, massacrait trois mille musulmans, mais épargnait les chrétiens défendus par les murailles de leur quartier. Un des meilleurs généraux de Constantinople, Romain Diogène, proclamé empereur en 1067, tenta d'arrêter 1 invasion par un effort considérable. Mais sa magiiiiique armée de 100.000 hommes, dont une division était commandée par le Français Roussel de Bailleul, fut entièrement détruite à la bataille de Mantzikert; Romain lui-même fut fait prisonnier et