Demodernis regibus Francorum {M. G. SS., IX
4. Le texte ne se trouve que dans l'édition princeps de Robert, Cologne, 1470, P. L., CLIV,4G6.
des femmes grecques ^ Après avoir rétabli la puis sance chrétienne en Orient, ils iront conquérir le Sain! Sépulcre et gagneront ainsi le royaume du ciel.
A côté d'une description exacte des périls de Tem pire cette lettre renferme des détails si étranges et s peu conformes aux habitudes de la chancellerie byzan tine, qu'ils suffisent à en infirmer l'authenticité. Ei fait il est exact que le comte Robert de Flandre ait ei des rapports avec Alexis Comnène. Au retour d'ui pèlerinage à Jérusalem en 1087 il prêta serment di fidélité à l'empereur « à la manière des Français » e s'engagea à enrôler pour lui en Flandre 500 chevaliers '^ A ce moment les Grecs venaient d'être battus par les Petchénègues à Dristra et la cavalerie faisait défaut l l'armée impériale ^. 11 est possible, suivant l'hypothèse de M. Chalandon, qu'une fois revenu en Flandre, Robert ait oublié sa promesse : Alexis lui aurait envoyt alors une ambassade et une lettre mais bien diflérentf certainement du texte qui nous est parvenu^. Quani à ce document apocryphe, il aurait été composé, peut être à l'aide de la lettre authentique, au moment di siège d'Antioche, en 1098, pour demander des renforts en Occident ^. La lettre d'Alexis n'a donc rien à voii avec les origines de la croisade.
D'après une autre théorie qui n'a en sa faveur qu6 l'aveuglement avec lequel les historiens l'ont acceptée longtemps sans contrôle, l'initiative de la croisade appartiendrait à un ascète picard, Pierre l'Ermite, qu; serait venu trouver le pape de la part du patriarche de
4. Ce dernier détail ainsi que celui des églises changées en écurieî ne se trouvent que dans Guibert.
2. Anne Comnène, Alex., VII, 4. — Jean d'Ypres, M. G. SS., XXV, 784