CHAPITRE PREMIER
LES RAPPORTS RELIGIEUX ENTRE l'oRIENT ET l'oCCIDENT AVANT l'invasion PERSANE
§ 1. — État des chrétientés orientales à la fin de l'antiquité.
Les pays d'Orient, Asie Mineure, Syrie, Palestine, Egypte, apparaissent aux iv** et v® siècles comme le véritable centre politique, économique, intellectuel et religieux du monde civilisé. L'Occident est devenu le
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théâtre, au m® siècle, des invasions, auv* siècle, d^s établissements barbares. La restauration de l'empire par les Dioclétien et les Constantin n'a pu rendre à ia culture latine sa vigueur passée. En transportant le siège de l'empire romain à Byzance, Constantin n'a fait que consacrer officiellement cette prééminence de l'Orient sur l'Occident. Sous ses successeurs, malgré quelques crises terribles qui ont surtout atteint la péninsule des Balkans et la Grèce, l'Orient est resté à l'abri des invasions. L'empire byzantin s'est constitué comme une véritable marche vis-à-vis de la barbarie germanique et, à deux reprises, ses politiques ont su détourner vers l'Italie le fléau de l'invasion gothique. Il n'est donc pas étonnant qu'au moment même où la vie urbaine et la culture antique s'affaiblissaient en Occident, on assiste au contraire en Orient à un développement fécond de l'activité économique et religieuse. C'est dans les ofrandes villes d'Orient, à Alexandrie, à Jérusalem, à Antioche, à Constantinople que sont concentrées toutes les richesses du monde civilisé : ce sont des Orientaux qui élaborent les manières de penser qui seront celles des hommes du moyen âge.
Tandis que l'Occident se dépeuple à la suite de l'invasion, l'Orient a gardé ses villes florissantes et popu» leuses qui sont des centres de propagande chrétienne. C'est en Orient que l'institution des chorèi-éques ou évèques de villages a atteint, à une époque très ancienne, son plus grand développement ' ; ils sont la preuve vivante de l'expansion précoce du christianisme dans les campagnes d'Orient; l'Occident, au contraire, devait
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