Hagenmeyer, Chronol
4. Hagënheyer, Chronol. (278).— Baudri de Dol, Hist. Occ. Crois.^ IV, 64-65.
mée^; après plusieurs jours de jeûne accompagnés de processions solennelles, une attaque décisive eut lieu le 28 juin contre l'armée de Kerbûga. Bohémond avait reçu le commandement suprême ; grâce à ses habiles dispositions les Turcs ne purent pas, suivant leur tactique habituelle, tourner l'armée chrétienne divisée en quatre corps et appuyée à la montagne et à rOronte. Après avoir pris le camp turc, les croisés mirent en déroute les Sarrasins ; la citadelle d'Antioche qui avait résisté jusque-là se rendit : la route de Jérusalem était libre 2.
Mais les dissensions entre les chefs de la croisade allaient retarder pendant dix mois encore la marche décisive. Deux partis se formèrent bientôt dans l'armée, celui de Raimond de Saint-Gilles et celui de Bohémond qui se disputaient tous deux la possession d'Antioche. Le légat Adhémar de Monteil, qui aurait pu leur servir d'arbitre, mourut de la peste. Par haine de Bohémond, le comte de Toulouse se rapprocha d'Alexis Comnène et, bien qu'il eût refusé de lui prêter serment, il opina pour que la place d'Antioche fût remise aux envoyés impériaux 3. En revanche les Nor- ' mands jetèrent des doutes injurieux sur la véracité du miracle de la Sainte Lance ; pour l'affirmer Pierre Barthélémy dut subir l'épreuve du feu et mourut quelques jours après de ses blessures \ La prise de la ville de Marra (11 décembre 1098) amena un nouveau conflit entre les deux rivaux. D'autre part un vif mécontentement commençait à se manifester dans
i'Gesta Francor., XXVni, 1. - Raimond d'Aguilers {Rist. Occ. Crois., in, 257). — flAGENMEYER, Chrouol. (284). 2. Hagenmeyer, Chronol. (291).
3 Gesta Francor., XXXI, 3. - Raimond d'Aguilers {Hist. Occ. Crois III
Chr ^''\^^^^r ^''^<^u'^='^s, Hist. Occid. Crois., III, 283-285.- Hagenmeyer,
l'armée contre ces barons qui oubliaient leurs vœux pour des intérêts temporels : plusieurs parlaient de détruire Antioche de fond en comble ou de se choisir d'autres chefs pour accomplir enfin leur pèlerinage. Ce fut seulement au mois d'avril 1099, plus d'un an après leur arrivée devant Antioche, que les croisés, laissant Bohémond en possession de sa conquête, commencèrent leur marche sur Jérusalem. Pour se dédommager de son échec à Antioche, Raimond de Toulouse s'établit solidement à Tripoli*. Dès leur entrée en Asie Mineure les croisés avaient envoyé une ambassade au calife fatimite d'Egypte, ennemi naturel des Turcs qui lui avaient enlevé la Palestine ; mais au mois d'août 1098 les Egyptiens avaient repris Jérusalem et le calife refusait de tenir l'engagement qu'il avait pris de céder cette ville aux croisés. Aussi après avoir traversé la Palestine sans difficulté, les chrétiens le cœur débordant de joie, parurent enfin devant Jérusalem dont ils commencèrent le siège (7 juin 1099). Ce fut en vain qu'ils essayèrent de prendre la ville d'assaut et leur embarras eût été grand sans la nouvelle intervention de ces Génois qui avaient déjà rendu de si grands services à Antioche. Leur flotte avait suivi la côte jusqu'à Jaffa; ils parvinrent au camp des croisés et après avoir trouvé du bois à grand'peine, commencèrent à construire des machines de siège. A la suite d'une nouvelle vision d'un Provençal, à qui apparut Adhémar de Monteil, tous les chrétiens pieds nus firent une immense procession autour de la ville au milieu des provocations et des insultes des Sarrasins. L'assaut commença le 14 juillet et se poursuivit le lendemain avec acharnement : des sorcières cherchaient à détourner les traits des assaillants par des