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l'approche d'une armée turque au secours de la place on dût souscrire à cette violation des engagements pris envers Alexis ' . Dans la nuit du 2 juin 1098, Firouz mit la troupe de Bohémond en possession de sa tour; les croisés pénétrèrent dans la ville, massacrèrent les Turcs et ouvrirent toutes les portes à leurs compagnons. La garnison cernée de tout côté ne fit qu'une faible résistance et fut massacrée^.
Mais à peine les croisés entraient-ils dans Antioche qu'ils y étaient assiégés à leur tour. Le lendemain même de leur victoire, le 4 juin 1098, Kerbûga émir de Mossoul paraissait devant la place avec une armée de deux cent mille hommes^. Aux orgies qui avaient signalé l'entrée des croisés dans la ville succéda bientôt une affreuse famine ; on mangea des chevaux, puis de l'herbe, des racines, du cuir et jusqu'à des cadavres de Turcs. La peste et la famine enlevèrent cent mille hommes en quelques jours. Des chevaliers s'échappèrent la nuit en se laissant glisser le long des murs au moyen de cordes : on les surnomma les « funambules », mais parmi eux se trouvait un des chefs de la croisade, le comte Etienne de Blois, etlesautres barons songèrent même à enfaire autant*, mais la masse de l'armée gardait sa foi dans le caractère divin de la croisade. On prêtre provençal, Pierre Barthélémy, vit en songe saint André qui lui apprit que la lance avec laquelle le centurion avait percé le flanc du Christ était cachée dans une église d'Antioche. On découvrit en effet la sainte relique à l'endroit indiqué ; cet événement vint relever le moral de l'ar-
1. Gesta Francor., XX, 2, 3. — Hist. belli sacri {ffist. Occ. Crois., ni, 196).