‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 94 sur 268 · CHUTE D'ÉDESSE ET DEUXIEME CROISADE · texte numérisé non relu

CHUTE D'ÉDESSE ET DEUXIEME CROISADE

« couper ses propres vêtements pour en tailler d'autres « croix, qu'il donna de même, et il ne cessa de vaquer « à cette œuvre tant qu'il resta à Vézelay, confirmant « sa prédication par de nombreux miracles^ ». Le roi Louis VII, la reine Aliénor, un grand nombre de chevaliers et de dames prirent la croix. Saint Bernard fit sienne l'idée de la croisade et il conçut le projet grandiose de pousser toute l'Europe contre le monde païen en l'attaquant à la fois en Syrie, en Portugal et sur les bords de l'Elbe. De lui-même il partit prêcher la croisade en Allemagne. Les premières demandes qu'il fit à l'empereur Conrad III furent repoussées. Il revint à la charge à la diète de Spire, le 25 décembre 1146, et remporta, grâce à son éloquence, un succès inespéré qu'il appelait lui-même « le miracle des miracles ». L'empereur, les princes, les chevaliers prirent la croix en grand nombre 2. Dans toute l'Europe, en Angleterre, en Italie, en Bohême, les lettres et les exhortations de saint Bernard entraînaient les adhésions.

La nouvelle croisade eut cependant un caractère moins populaire et moins universel que l'expédition de 1095. Des efforts furent faits pour imposer aux chevaliers une certaine discipline; les armées étaient moins nombreuses : Louis Vil et Conrad étaient chacun à la tête de 70.000 hommes. Ces armées furent cependant accompagnées de nombreux pèlerins non combattants qui devaient être un embarras et une cause d'insuccès. D'autre part les divisions qui régnaient entre les puissances chrétiennes, étaient une circonstance défavorable pour la croisade. Au moment même où elle allait commencer, l'empereur Manuel Comnène rompait ses relations d'une manière insultante avec le roi Roger de Sicile et une flotte normande ravageait

i. Odon de Deuil, Rec. Hist. Fr., XII, 92.

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