‹ L'Église et l'Orient au Moyen ÂgeChapitre 97 sur 268 · ID · texte numérisé non relu

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Jérusalem des pièces d'or qui se trouvèrent être de la fausse monnaie, pour qu'il décidât les chrétiens à battre en retraite *. Conrad retourna à Constantinople et de là en Allemagne. Louis VII resta à Jérusalem jusqu'aux fêtes de Pâques de 1149 et ne revint en France que sur les instances de Suger ; il s'embarqua pour l'Italie et vit en passant le roi Roger et le pape Eugène III. L'échec de la croisade causa un grand mécontentement en Occident et saint Bernard en fut rendu responsable : lorsqu'en 1150 il voulut avec l'appui de Suger organiser une nouvelle croisade, ses paroles ne trouvèrent pas plus d'écho chez le roi que chez les seigneurs ^. Suger songea alors à conduire lui-même une croisade et il avait déjà levé une petite armée quand il mourut. Sédu-it par les projets du roi de Sicile, Roger, il eût voulu réunir Louis VII, Conrad et Roger dans une même coalition contre l'empire byzantin. Mais Manuel Comnène sut retenir Conrad dans son alliance, reprit Corfou sur les Normands et vint même occuper Ancône en 1151 ; le projet de croisade à Constantinople fut abandonné ; bien plus par suite des progrès menaçants des Sarrasins, les Latins allaient être' obligés d'accepter l'alliance que Manuel Comnène leur offrait.

§ 4. — La lutte contre l'Egypte et la prise de Jérusalem (1187).

Jamais en effet les inconvénients qui résultaient de l'absence d'une autorité unique et capable de s'imposer à tous ne se firent mieux sentir que dans les trente dernières années qui précédèrent la chute de Jérusalem. Ce n'était que luttes dans l'intérieur de la famille

1. Chron. syriaque d'Aboulfaradj. Lucuaire (Lavisse, H, de Fr., III, 18-19).

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