‹ L'église et la France moderneChapitre 1 sur 22 · X AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

X AVANT-PROPOS

pour prouver la sagesse et l'opportunité de cette parole de Léon XIII.

Au sein des changements profonds qui, depuis cent ans, se sont opérés dans « les choses humaines », l'Église, qui ne consentira jamais à demeurer immol)iIc tandis que « l'humanité marche », sait s'accommoder « aux besoins raisonnables des temps ». Elle est douée d'une élasticité merveilleuse, qui lui permet de s'adapter, sans jamais sacrifier un seul principe, à tous les temps, à tous les peuples, à tous les miUeux. Son divin fondateur, qui lui a confié la mission d'évangéliser toutes les nations, omnes gentes, n'a excepté aucun peuple, aucun siècle. L'Église, qui a parlé aux Juifs et aux Gentils, aux Grecs et aux Barbares, ne saurait-elle plus aujourd'hui le langage qu'il faut tenir à la France moderne, éprise d'égalité, de tolérance et de Hberté? L'Église n'est pas un tombeau où les gloires du passé dorment leur dernier sommeil : elle est la maison du Père qui est au ciel, assez large pour que le présent et l'avenir s'v meuvent à l'aise. Ses détracteurs ont in-

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térêl à laisser croire que, le regard obsliiicment tourne vers le passé, elle dédaigne de se pencher vers le présent et d'envisager l'avenir ; que sa rigidité intlexible lui défend de se plier aux exigences des temps nouveaux et que les générations nouvelles doivent l'écarter si elles ne veulent pas être arrêtées dans leur marche.

Le livre que je publie aujourd'hui est la réfutation de cette calomnie.

J'ai pris comme point tle dé[)art le réveil des catholiques de France après la crise de 1830, parce que c'est à dater de ce moment que commença la tentative de réconciliation entre la France moderne et l'Eglise. Sous bien des rapports, la situation est aujourd'hui la même qu'au lendemain de la ré\ olution de Juillet, et l'attitude prise alors par les cathohques mihtants est, je crois, celle qui convient le mieux aux apologistes de notre temps,

A cette heure, deux partis se disputent, en France, la direction des affaires publiques : les liommes franchement libéraux qui veulent la liberté pour tous, pour les catholiques comme

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pour les autres et qui aspirent à réaliser les progrès possibles; les radicaux-socialistes, ennemis surtout de la liberté religieuse et dont la politique compromet, à l'intérieur la paix, à l'extérieur les intérêts et la sécurité du pays.

Entre ces deux partis, les catholiques ne peu\ ent pas hésiter : qu'ils soutiennent les premiers de leurs sympathies, de leur intluence et de leurs votes, ils travailleront ainsi à une œuvre de conservation religieuse et sociale en dehors de laquelle il n'y a que menaces et que dangers pour l'Eglise et la Patrie. J'ai discuté dans ce livre les questions doctrinales qui semblent séparer les catholiques et les vrais libéraux; j'espère avoir démontré que l'entente est facile entre ces deux forces dont l'union peut seule conjurer les périls dont nous sommes menacés, assurer la tranquillité du présent et préparer les solutions pacifiques de l'avenir.

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