CU AS
Vi | ET LA QUESTION SOCIALE 73
de cette organisation, en réclamer près des pouvoirs publics les conditions légales, et en même temps lutter contre les difficultés du moment pour créer des modèles de corporations chrétiennes qui donnent un corps à leurs 1evendications et servent de types pour l’avenir »(1). Je ne vois pas ce que les auteurs de cette page, souvent attaquée et dénaturée, auraient à en retrancher après l’Encyclique : elle en est comme un commentaire anticipé.
Un dernier mot avant de quitter ce sujet.
« Afin, dit le pape, de parer aux réclamations éventuelles qui s’élèveraient dans l’une ou l’autre classe (patrons et ouvriers) au sujet de droits lésés, il serait très désirable que les statuts mêmes chargeassent des hommes prudents et intègres, tirés de son sein, de régler Me Mise ‘en qualité d’arbitres ».1@'est à ce vœu que répond le projet de loi déposé sur le bureau de la Chambre touchant la constitution de Conseils de conciliation et d'arbitrage, par MM. Lecour Grandmaison, de Mun, etc. Jusqu'ici les syndicats n’ont été que des armes de guerre, des institutions de combat: on ne mettra fin) à ce triste état de choses que par la constitution de chambres syndicales, de con-
1. Op. cit., p. 286-287. Cet ouvrage se trouve au bureau de l’Association catholique, 262, boulevard Saint-Germain, Paris.
seils syndicaux mixtes composés de délégués des divers facteurs du travail, des patrons et des ouvriers ; c’est là un moyen excellent, conseillé par le Souverain Pontife, de maintenir la paix sociale. ;
Nous sommes arrivé au terme de cette étude.
Je voudrais,avant de conclure, répondre à une: interprétation à tout le moins étrange de l’Encyclique, que j'ai trouvée dans'iune ‘rêvue que son titre même : la Réforme sociale, devrait tenir en garde contre de semblables idées.
« On n’y trouve pas (dans l’'Encyclique) un mot, pas une allusion à la réglementation internationale qu’on a essayé de réaliser l’an der-. nier. Ce silence est au plus haut degré significatif.. Il prouvera, ou l'étude plus approfondie que le pape a faite de la question depuis les Lettres anciennes à M. Decurtius et à l’empereur Guillaume, ou le caractère diplomatique de ces documents ».
« Si l'on pense encore, à Fribourg ou à Liège, à l’internationalisme social sur le terrain catholique, on fera bien d’y renoncer désormais: on obéira ainsi aux indications pontificales, comme il aurait été facile de le faire plus tôt aux conseils et'aux objections de ladfScience sociale » (1). L’auteur de ces phrases malencon-