‹ L'église et la question socialeChapitre 26 sur 42 · TO L ÉGLISE · texte numérisé non relu

TO L ÉGLISE

travail et le métier rapprochent les forces, mais

n’unissent pas suffisamment les cœurs. Il faut :

2° (C'est encore là une des recommandations de

l’'Encyclique) que la corporation soit autonome, c’est-à-dire que, dans le cercle de son activité, et conformément à l’ordre général, elle fasse ses statuts, et élise suivant certains modes définis les autoritéscorporatives chargées de gérer ses intérêts et de veiller à l'application de ses règlements. Sans cette autonomie de l’association professionnelle, on n'aurait qu’un organisme sans vie, sans action propre, et sans résultats féconds au point de vue économique et social.

C’est au moyen-âge que le régime corporatif a atteint son plein épanouissement, soit dans l’ordre politique, soitdans l’ordre économique. Sur ce point la lumière est faite, et même les écrivains habituellement hostiles à l'Église rendent justice à la corporation chrétienne de cette grande époque. « Par le passé, dit le pape, nous pouvons juger sans témérité de l'avenir. Un âge fait place à un autre, mais le couts des choses présente de merveilleuses similitudes, ménagées par cette Providence qui dirige tout et fait tout converger vers la fin que Dieu s’est proposée en créant l'humanité ».

L'établissement et le fonctionnement régulier des corporations importent trop à la propriété

Ca

LE

publique, à la bonne organisation du travail, et. à l’ordre social, pour que l'autorité puisse s’en désintéresser complètement.

Le pouvoir civil n’a pas pour mission d’organiser directement les associations professionnelles, ni de leur donner a priori une législation, encore moins d’en faire des espèces d’organes et d'instruments bureaucratiques, mais il devra faciliter leur organisation autant qu’il est en lui : « Que l'État, dit l’Encyclique, protège ces sociétés fondées selon le droit, quetoutefois ilne s’'immisce point dans leur gouvernement intérieur, et ne touche point aux ressorts intimes qui lui donnent la vie ; car le mouvement vital procède essentiellement d’un principe intérieur, et s'éteint très facilement sous l'action d’une cause externe». Qu’on nous permette ici de citer une page empruntée à l’ouvrage si intéressant publié par le Conseil des Études de l'œuvre des cercles catholiques d'ouvriers, sous le titre : Questions sociales et ouvrières : « La restauration des associations professionnelles peut-elle être purement spontanée, facultative et sans lien avec le régime politique?

« Assurément non :le rétablissement d’un régime corporatif s'impose avec toutes les sanctions du pouvoir social que comporte une organisation sociale. S'il est nécessaire, il' serait puéril

de dire qu'il doit néanmoins être purement spontané et facultatif. Bien qu’il ne soit pas d'institution plus hbérale (dans le bon sens du mot), elle tend à restituer dansle monde du travail le régime de la juridiction arbitrale à celui du bon plaisir ou de la force sans frein, ou du moins il ne lui suffit pas de l'indifférence du pouvoir pour reprendre sa fonction dans l'État; ce n'est pas en effet à la liberté qu'il a été donné de refréner les abus de !la force, mais à la contrainte là où la persuasion ne suffit pas. Donc la reconstitution des corporations ne saurait être l’œuvre de décrets a priori ; mais dès que cette renaissance, indispensable à la paix dans le monde du travail, après avoir été préparé par l'initiative des patrons chrétiens, sesera manifestée par un commencement d'existence et aura ainsi reparu en fait, ce sera à la loi de la reconnaître en droit, de la fortifier par des privilèges, de la diriger par certaines règles vers son développement politique, selon un plan général conforme à la nature des intérêts privés, en même temps qu'aux fins sociales dernières auxquelles elles doivent conduire.

« Mais les hommes de bonne volonté ne doivent pas attendre l'initiative du pouvoir pour travailler à la constitution des associations corporatives chrétiennes ; ils doivent dès maintenant remettre en honneur les principes

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