Gen. Ill
sur l’homme ; ici-bas, elles n’auront pas de fin ni de trêve, parce que les funestes fruits du péché sont amers, ne acerbes, et qu ils accompagnent nécessairement l’homme jusqu’à son dernier soupir. Oui, la douleur et la souffrance sont l'apanage de l’humanité, et les hommes auront beau tout essayer, tout tenter pour ‘les bannir, ils n’y réussiront jamais, quelques ressources qu’ils déploient et quelques forces qu'ils mettent en jeu. S'il en est qui s’attribuent le pouvoir, s’il en est qui promettent au pauvre une vie exempte de souffrances et de peines, toute au repos et à de perpétuelles jouissances, ceux-là certainement trompent le peuple et lui dressent des embüches, où se cachent pour l'avenir de plus terribles calamités que celles du présent. Le meilleur parti consiste à voir les choses telles qu’elles sont et, comme nous l’avons dit, à chercher ailleurs un remède capable de soulager nos maux.
2. — L'erreur capitale dans la question présente, c’est de croire que les deux classes sont ennemies-nées l’une et l’autre, comme si la nature avait armé les riches et les pauvres pour qu’ils combattent mutuellement dans un duel ôbstiné. C’est là une aberration telle qu’il faut placer la vérité dans une doctrine absolument opposée ; car de même que, dans le corps humain, les membres, malgré leur diversité, Ss’adaptent merveilleusement l’un à l’autre, de façon à former un tout exactement proportionné et qu’on pourrait
‘appeler symétrique, ainsi, dans la société, les deux classes sont destinées par la nature à s’unir harmonieusement et à se tenir mutuellement dans un parfait équilibre. Elles ont un impérieux besoin l’une de l’autre : il ne peut y avoir de capital sans travail, ni de travail sans capital. La concorde engendre l’ordre et la beauté ; au contraïre, d’un conflit perpétuel il ne peut résulter que la confusion des luttes sauvages. Or, pour dirimer ce conflit et couper le mal dans s1 racine, les institutions chrétiennes possèdent une vertu admirable et multiple.
Et d’abord toute l’économie des vérités religieuses, dont l'Eglise est la gardienne et l'interprète, est de nature à rapprocher et à réconcilier les riches et les pauvres, en rappelant aux deux classes leurs
Pascal — Sur l’Encyclique. — 7.