‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 186 sur 373 · CONFIRMATION DES DECRETS CONTRE LES INSERMENTÉS · texte numérisé non relu

CONFIRMATION DES DECRETS CONTRE LES INSERMENTÉS

hâta de voter une fois débarrassée du roi et de son droit de veto, et qui aggravait encore ceux qu'elle lui avait proposés et qu'elle s'était hâtée de sanctionner le soir même du 40 août. Quelques jours auparavant (le i août) les couvents de femmes encore conservés avaient été supprimés et un grand nombre de religieuses avaient été jetées sur le pavé sans asile et sans famille. Le dimanche 17 août une lettre du département du Var, annonçant que Ton s'y était débarrassé par la déportation des prêtres insermentés fut lue à l'Assemblée. Lequinio demanda que la mesure fût appliquée à la France entière et sa motion fut renvoyée à la commission extraordinaire. Fatigué du retard qu'elle mettait à faire son rapport, Benoiston proposa le 23 août un projet de décret d'après lequel tous les ecclésiastiques qui n'avaient pas prêté le serment civique étaient tenus de sortir du royaume dans le délai de quinzejours; c'était demander la proscription de toute une classe de citoyens ou pour mieux dire la proscription d'une opinion. Cambon trouva que la mesure était insuffisante et il demanda que l'on décidât de déporter en Guyane tous les réfractaires. Lasource et Vergniaud protestèrent au nom de la justice. Leur réclamation en sa faveur était tardive; ils l'avaient trop de fois sacrifiée au salut public pour que leur voix eût quelque autorité. Il était facile de prévoir que de même que 1792 avait vaincu 1789, 1793 allait tout emporter. La Convention s'était levée en quelque sorte à la voix de Cambon avec sa ferme décision de pousser à la dernière extrémité la politique de la Gironde : ce qui devait être son plus grand châtiment. L'Assemblée n'eut pas le temps de voter la motion de Benoiston; le peuple de Paris l'amenda d'une manière terrible quelques jours plus tard.

La Législative, avant de perdre tout à fait les rênes du mouvement politique, avait réalisé une grande réforme destinée à survivre à tous ses décrets violents, parce qu'elle répondait aux vrais besoins de la France nouvelle. Dès le 15 février, Muraire présentait un rapport qui concluait en demandant que les registres de l'état civil fussent transférés aux municipalités. « Lorsque la religion catholique, disait le rapporteur, était la seule avouée dans le royaume, il fallait s'adresser aux ministres du culte pour

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