MASSACRES DE SEPTEMBRE
breux prêtres massacrés, l'abbé Paquot répondit ainsi à ceux qui le pressaient de prêter le serment: « Mon choix est fait. Je préfère la mort au parjure; si j'avais deux vies j'en donnerais une pour vous, mais, je n'en ai qu'une, je la garde pour Dieu1.» Les réfractaires déployèrent dans ces circonstances le plus noble courage et refusèrent devant le fer des assassins de prononcer un serment qui eût sauvé leur vie contre leur conscience. Rien n'est plus beau dans l'histoire des martyrs que la scène des Carmes; il y eut là une émulation de saint héroïsme accompagné d'une pieuse tendresse. Le vénérable archevêque d'Arles remerciant Dieu d'avoir à lui offrir son sang, ces prêtres qui se confessent et qui se donnent le baiser de paix avant de mourir, ces réponses douces et fermes, dignes du temps d'Irénée, toutes ces manifestations grandioses d'une religion hier encore si discréditée, éclairent la fin d'un siècle incrédule d'une lumière vraiment céleste et révèlent Dieu avec une puissance extraordinaire au moment où un décret impie va essayer de bannir son culte. De tout ce sang versé s'élève une voix énergique pour dire aux détenteurs du pouvoir civil : Ne touchez jamais à la conscience ! C'est ainsi qu'elle sort pure et glorieuse de vos atteintes en vous déshonorant2. Un grand nombre de prêtres qui avaient échappé au massacre partirent pour l'exil où ils rencontrèrent en général une hospitalité généreuse, surtout en Angleterre. Beaucoup restèrent néanmoins en France pour célébrer en secret le culte proscrit, au milieu des plus grands périls. La Législative, que la voix de Vergniaud n'avait pu réveiller de sa torpeur depuis le commencement des massacres, allait être remplacée par la Convention, et cela dit tout.