PRÉFACE VII
commence par la tyrannie de la place publique pour s'achever dans l'absolutisme militaire. Je la hais, en tant que système, d'une de ces haines vigoureuses réclamées par le Misanthrope; car, si elle venait jamais à saisir le gouvernement dans une nuit de tempête, elle perdrait la France et la déshonorerait.
Le moment actuel est plus grave pour notre patrie qu'on ne pourrait le dire. Notre ascendant est perdu en Europe si nous ne nous retrempons pas aux sources pures et fécondes de la morale. Puissions -nous revenir au plus tôt sur la mortelle erreur de la Révolution française qui a consisté à séparer la religion de la liberté. Unissons-les dans notre affection, et commençons par vouloir la religion absolument libre, dégagée des protections qui sont des liens. Ce n'est qu'à ce prix qu'elle nous sauvera. Tel est l'esprit qui anime ces pages consacrées à l'histoire complète et détaillée des rapports de la société religieuse avec la société civile sous la Révolution. Rien n'est plus instructif dans un temps où des questions identiques , dont la solution ne peut plus être ajournée, se posent devant nous.
Edmoxd de Pressensé.