ATTAQUES CONTRE L'ÉGLISE CONSTITUTIONNELLE
le jugement du roi, l'agitation du pays. Le seul de ses arguments qui soit valable est tiré de la fidélité aux engagements envers le clergé salarié. Mais il était facile de ne pas manquer à la foi publique en indemnisant les individus, pourvu qu'on ne déchirât pas le contrat à peine conclu comme on l'avait fait scandaleusement pour le clergé réfractaire. Il nous importait de signaler cette hostilité de Robespierre pour le système de la séparation de l'Eglise et de l'Etat. C'est un grand honneur pour ce principe de l'avoir eu pour adversaire principal et pour des raisons semblables. L'idée lancée par Cambon ne pouvait être longtemps écartée, car tous les jours les inconvénients d'une religion inféodée à l'Etat apparaissaient à la lumière. Dans la séance du 1er mars 1793, Thuriot demanda l'annulation de la constitution civile du clergé afin de retirer aux ecclésiastiques toute juridiction temporelle. Richard proposa que l'on prît des mesures pour éteindre à jamais les querelles ecclésiastiques et que le comité de législation fût chargé de présenter une loi qui restreignît dans leurs vraies limites les fonctions ecclésiastiques. Celte proposition fut votée et oubliée comme tant d'autres pendant le règne de la Terreur.
En attendant l'abolition de la constitution civile du clergé qui ne pouvait beaucoup tarder, la Convention en tirait parti pour faire peser durement son autorité sur le clergé salarié. Nous avons vu que l'Assemblée législative avait décidé de maintenir le traitement des prêtres qui se marieraient. C'était proclamer la légalité de leur mariage. La plupart des évêques constitutionnels étaient très opposés à cette innovation, et entre autres Fauchet, malgré les irrégularités de sa conduite. Une première dénonciation fut faite contre lui à la séance du 22 février par un curé du Calvados. Le mandement inculpé fut renvoyé au comité de législation. L'affaire revint à la Convention dans la séance du 19 juillet 1793. Un député demanda la destitution des évêques qui contreviendraient à la loi en empêchant le mariage des prêtres. Cette mesure rencontra quelque opposition. Lacroix répondit que les évêques étant salariés par la nation, devaient obéir à toutes les lois de la République. Danton renchérit sur cette doctrine. « Nous avons,