‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 204 sur 373 · ROBESPIERRE DÉFEND LE SALAIRE DES CULTES PAR L'ÉTAT · texte numérisé non relu

ROBESPIERRE DÉFEND LE SALAIRE DES CULTES PAR L'ÉTAT

l'empire des lois sur l'empire des mœurs, qui ont manié ces ressorts cachés du cœur humain, avec quel art sublime, ménageant la faiblesse ou les préjugés de leurs concitoyens ils consentirent à faire sanctionner par le ciel l'ouvrage de leur génie tutélaire. » Robespierre oublie que depuis que les augures ont ri en se rencontrant, non en secret comme au temps de Cicéron, mais tout haut sur la place publique, ces pieuses ruses de la philosophie pour abuser le peuple sont devenues plus difficiles. La religion sait à quoi s'en tenir sur les hypocrites respects de ceux qui la soutiennent par raison d'Etat et qui la maintiennent comme une sorte de succursale de la police. Robespierre a jeté ici les assises du système concordataire. Le premier consul n'a été que son disciple fidèle et il a affaibli ce qui avait été si bien dit du premier coup. Robespierre est également le maître de Napoléon dans la partie de son écrit où il peint vivement les périls de l'affranchissement des cultes pour un Etat fortement centralisé. « Qu'y a-t-il de plus funeste à la tranquillité publique, dit-il avec l'émotion sincère d'un partisan d'une souveraineté despotique, que de réaliser cette théorie du culte individuel. Vous semblez craindre l'influence des prêtres, mais vous la rendez bien plus puissante et plus active, puisque, dès le moment où, cessant d'être les prêtres du public, ils deviennent ceux des particuliers, ils ont avec ceux-ci des rapports beaucoup plus fréquents. » U montre ensuite aux jacobins épouvantés la liberté individuelle s'aftirmant à la faveur de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, des associations nouvelles qui ne seraient que des ligues particulières contre l'esprit public, se formant de toutes parts, — la liberté enfin, chose abominable! — s'étendant de proche en proche et opposant une limite aux envahissements de l'Etat. Il ne se trompait pas; le système du non-salaire des cultes est mortel à la tyrannie. Robespierre ne manquait pas d'opposer comme toujours les pauvres aux riches. Il prétendait que le poids de l'entretien du culte retomberait presque entièrement sur la classe ouvrière bien plus religieuse que les classes aisées. Nous n'insisterons pas sur les autres raisons qu'il donne et qui sont empruntées aux circonstances du temps, comme

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