MESURES DE RIGUEUR CONTRE LES RÉFRACT AIRES
préparer une nouvelle Vendée. 11 demanda que l'on prévînt les mécontentements que pourrait susciter la conduite « de ces infâmes saltimbanques. » Rewbell ne veut pas qu'on les poursuive comme prêtres mais simplement comme royalistes. Delacroix invoque assez ridiculement la liberté des cultes contre ces malheureux prêtres, et par une étrange interversion de rôles supplie la Convention de le protéger, lui, sa femme et ses enfants contre leurs persécutions. Cadroy va plus loin et s'attaque au décret sur la liberté religieuse qui lui semble beaucoup trop large, puisqu'il empêche d'anéantir les malveillants. Jean-Bon Saint- André abonde dans le même sens. Le fanatisme selon lui est d'autant plus dangereux qu'il réclame aujourd'hui le droit et la justice, comme si le pire des fanatismes n'était pas celui qui pour se maintenir méconnaît le droit de ses adversaires. Le même orateur insiste pour qu'on rende du nerf et de l'énergie au gouvernement et que sans tant se soucier des lois on le rende capable de faire le bien. C'était invoquer la force contre le droit. Tallien mêle des insultes grossières contre les prêtres à quelques paroles sensées sur le danger de leur donner de Fimportance en les mettant toujours en cause. « Il ne doit point y avoir de transaction entre eux et les républicains, s'écrie Thibaudeau. » Chénier proteste contre ceux qui ne veulent pas que l'on s'en prenne directement au fanatisme. Il faut le poursuivre, l'atteindre et l'abattre comme la principale cause des troubles qui déchirent le pays, et il conclut en demandant un prompt rapport sur le sujet des comités compétents. La Convention adopta sa proposition.
Cette curieuse et triste séance donne une juste idée des dispositions de l'Assemblée à l'égard de la liberté des cultes, car, il ne faut pas s'y tromper, toute mesure de rigueur prise contre les réfractaires réagissait immédiatement sur la liberté générale. On voit par les journaux ecclésiastiques du temps combien les administrations départementales et communales se montraient mal disposées pour l'exécution du décret du 3 ventôse, même quand il s'agissait des prêtres assermentés. « De petits tyrans incrédules et intolérants, lisons-nous dans le premier numéro des