‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 246 sur 373 · MESURES DE RIGUEUR CONTRE LES RÉFRACTA IRES · texte numérisé non relu

MESURES DE RIGUEUR CONTRE LES RÉFRACTA IRES

par le moindre signe extérieur ou de faire aucune convocation publique pour la célébration du service religieux. Le décret portait encore qu'il ne pouvait être formé aucune dotation perpétuelle ou viagère pour les dépenses d'une Eglise. Tout rassemblement de citoyens pour l'exercice d'un culte quelconque était soumis à la surveillance des autorités constituées , mais cette surveillance se renfermait dans des mesures de police et de sûreté publique. Tel fut ce célèbre décret du 3 ventôse de l'an III qui permit à la religion de refleurir sur le sol tourmenté de la France, malgré les restrictions qui le déparaient et les difficultés d'exécution qu'il rencontra de la part des autorités administratives. Un député eut soin de stipuler que la loi nouvelle laissait intacte celle relative aux ecclésiastiques qui n'avaient pas prêté le serment d'égalité. C'était laisser une bien grande latitude à la persécution et détruire d'une main ce que l'on essayait de fonder de l'autre, car la liberté des cultes n'est consacrée que quand elle est égale pour tous les citoyens. Néanmoins , à la faveur du décret du 3 ventôse, le culte fut rétabli sur tous les points de la France aussi bien par le clergé réfractaire que par le clergé constitutionnel. Nous peindrons plus tard ce beau mouvement religieux. Il suffit de le constater pour comprendre les fluctuations de la Convention à l'égard de la liberté des cultes et nous expliquer ses décrets parfois contradictoires.

La loi du 3 ventôse dépassait en effet de beaucoup l'état réel des esprits au sein de la représentation nationale. La passion révolutionnaire, toujours prête à renaître, couvrait trop souvent la voix de la raison. De là l'incobérence de la jurisprudence en cette matière. Ainsi tandis que dans la séance du 6 ventôse, Lecointre de Versailles obtint de l'assemblée que l'on révisât le décret qui condamnait à la déportation le citoyen qui avait reçu chez lui un prêtre insermenté, dans la séance du 25 germinal (13 avril 4795), le clergé réfractaire était dénoncé avec une violence inouïe à l'occasion des troubles suscités par la disette. André Dumont se plaignit de ce que les insermentés célébraient la messe à ciel ouvert ; il se vanta d'en avoir fait ramasser un grand nombre dans une seule nuit à Versailles et les accusa de

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