‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 249 sur 373 · BON EFFET DE LA TOLÉRANCE EN VENDÉE · texte numérisé non relu

BON EFFET DE LA TOLÉRANCE EN VENDÉE

à Fégard de la religion. Dans la séance du 8 floréal (28 avril 1795) le député Lesage annonça à l'Assemblée au nom du comité de salut public que les représentants du peuple , convaincus que la destruction des cultes et la persécution de leurs ministres avaient été Tune des principales causes du soulèvement des chouans, avaient chargé les autorités constituées et les commandants de la force armée d'assurer la prompte exécution des lois concernant la liberté des cultes. Les représentants près des armées de l'ouest entre Brest et Cherbourg avaient pris l'arrêté suivant : « Considérant que plusieurs personnes attachées par leurs opinions à des cultes différents ou prétendus tels ne jouissent pas encore de l'entière liberté de les exercer, arrêtent que les administrateurs du district sont autorisés à accorder provisoirement aux citoyens qui en feront la demande individuelle l'occupation d'un édifice national pour servir à un culte quelconque, sauf à régler les conditions de baux et d'adjudication en se conformant aux lois K » Ces mesures étaient en conformité parfaite avec celles que prit en Vendée le général Hoche. « Il eût été à désirer, disait-il un jour à Carnot, qu'on n'eût pas crié sans cesse contre les prêtres ; les ôter tous, c'est vouloir éterniser la guerre. Si l'on n'admet la tolérance religieuse, il faut renoncer à la paix dans cesconirées. Qu'on oublie une fois les prêtres et il n'y aura plus ni prêtres ni guerre. Qu'on les poursuive collectivement et l'on aura la guerre et les prêtres pendant mille ans. Quand un prêtre commet un délit, si on le punit comme prêtre, on révolte l'habitant; si on le punit comme homme, comme citoyen, personne ne dit mot 2. » « Les Vendéens, disait avec une haute raison Lamennais,, ne se sont point insurgés contre l'idée de liberté. J'aime à regarder la République et la Vendée comme deux sœurs qui ne s'entredéchirent que faute de se comprendre. L'une représente à mes yeux la liberté politique, l'autre la liberté religieuse. Si la Révolution avait laissé aux Vendéens leurs églises et leurs prêtres, elle

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