‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 272 sur 373 · CÉLÉBRATION FORCÉE DU DÉCADI · texte numérisé non relu

CÉLÉBRATION FORCÉE DU DÉCADI

les prisons et les rpontons. Le représentant Choilet essaya vainement de faire consacrer de nouveau la liberté des cultes sous la réserve d'une simple déclaration de soumission au gouvernement établi. Ce projet soumis au conseil des Cinq-Cents dans la séance du 14 frimaire fut écarté dans celle du 23 nivôse par la question préalable. Le 21 brumaire, Genissieu proposa d'assimiler aux émigrés tous les prêtres condamnés à la déportation qui ne se présenteraient pas pour la subir ou qui s'y seraient soustraits : « Il faut a disait-il , que ces éternels ennemis de nos lois et de notre tranquillité apprennent que la mort les attend s'ils osent rester sur notre territoire. » Cette proposition fut renvoyée à une commission et les conseils n'eurent pas le loisir de la voter. Une fraction de l'Assemblée eût voulu étendre à tous les prêtres , réfractaires ou non , la condamnation à la déportation, pour cause d'incivisme. L'Assemblée , sur la proposition de Français de Nantes , ne permit pas d'étendre à ce point une pénalité si rigoureuse.

Ce n'était plus seulement comme factieux que les prêtres étaient poursuivis, mais comme ministres d'une religion abhorrée. L'institution des fêtes décadaires offrait un moyen commode de persécuter les adhérents de l'ancien culte. Le représentant Duhot qui , par un zèle ardent et amer contre le dimanche, mérita d'être appelé le chevalier Décadaire, fit rendre, le 28 brumaire an VI, un décret d'après lequel la célébration du décadi était forcée. Duhot, dans la séance du 3 brumaire, avait ainsi motivé sa proposition : « En vain vous dirait-on que vous blessez les règlements particuliers de chaque secte ; les législateurs ne sont point tenus d'étudier les religions pour créer des lois; c'est aux ministres des cultes à étudier ces lois, pour établir leur religion. En vain vous dirait-on encore que vous blessez la liberté individuelle, les ennemis seuls de la liberté générale vous tiendront ce langage. » Les jacobins du conseil des Cinq-Cents, non contents d'avoir fait décréter la célébration forcée du décadi, voulaient encore que l'on interdît formellement la célébration du dimanche. Quelques députés firent observer qu'une pareille mesure mettrait la France au-dessous des Etats du pape en fait

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