‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 278 sur 373 · HOSTILITÉ DES DEUX CLERGÉS · texte numérisé non relu

HOSTILITÉ DES DEUX CLERGÉS

étaient bien peu respectés tant qu'ils subsistaient Un journal du temps donnait l'explication véritable de cette situation déplorable : « Nous sommes sur le globe, lisons-nous dans Y Eclair, la seule nation qui ait cru pouvoir se passer de religion. Aussi comment nous en trouvons-nous dpjà? Chaque décadi on nous effraye du récit de plus de crimes et d'assassinats qu'il ne s'en commettait autrefois dans une année. Au risque de parler une langue morte et de recevoir des injures pour réponse, nous déclarons qu'il faut cesser de détruire les traces dp la religion si l'on veut empêcher la dissolution de l'ordre social. » La restauration religieuse trouvait un grand obstacle dans le préjugé si répandu qu'il y avait incompatibilité entre le christianisme et les institutions nouvelles. Malheureusement les intrigues du clergé émigré avaient contribué à fortifier ce préjugé qui , aveugle et injuste comme toutes les préventions passionnées , englobait dans la même condamnation le clergé libéral et les prêtres royalistes. Ce que la Révolution avait le plus de peine à pardonner à la religion, c'étaient ses propres violences et ses propres iniquités à son égard. Il lui semblait que le seul moyen de se justifier c'était de les pousser à la dernière extrémité en anéantissant le souvenir de l'offense avec l'existence même de l'offensé. Malgré toutes ces difficultés, la religion devait remporter de grands triomphes, dès que la moindre liberté d'action lui serait rendue sous l'influence d'une énergique réaction qui était bien loin cependant d'être le retour à la justice et au droit.

On le sait, l'Eglise de France était divisée en deux sections encore très opposées l'une à l'autre. Même après l'abrogation en fait de cette trop fameuse constitution civile du clergé qui avait donné naissance au schisme, la lutte entre les assermentés et les insermentés n'avait pas été interrompue un seul jour; les premiers avaient conservé l'organisme semi-presbytérien qui avait été un moment la religion officielle de la France ; les seconds avaient redoublé d'attachement au saint-siége. Cette animosité dont on retrouve les traces jusque dans les historiens ecclésiastiques d'aujourd'hui ne nous empêchera pas de reconnaître avec équité la part glorieuse des deux clergés au réveil de la foi en

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