CHAPITRE III
Effets du Concordat. — Conclusion.
Nous ne nous occuperons de la période qui suit la conclusion du concordat qu'en tant qu'elle sert à en déterminer la vraie portée, car il importe d'établir qu'aussitôt conclu ce funeste traité qui devait assurer la paix religieuse perpétua en France la plus honteuse oppression des consciences, souleva entre les deux parties contractantes les plus fatales discordes et troubla profondément l'Eglise.
Nous avons vu que le législateur de germinal an X s'était contenté de constituer les cultes salariés, sans consacrer par un seul article le droit des cultes dissidents qui pourraient se perpétuer ou s'établir. Or la liberté religieuse proprement dite n'existe que dans la mesure où ce droit est admis, car les cultes officiels, faisant partie de l'administration, relèvent non de la liberté mais du privilège. On n'a pas assez remarqué que la première conséquence du concordat fut la suppression totale de la liberté des cultes dont la pratique clandestine fut rendue plus difficile par l'admirable réseau de l'administration impériale que par les violences de la Terreur. L'histoire a dédaigné de signaler ce fait, qui a cependant beaucoup plus d'importance que les questions de guerre et de finance. L'équilibre d'un budget ou un plan de campagne merveilleusement combiné nous touchent infiniment moins que la suppression du premier et du plus sacré des droits. Je sais que la liberté religieuse à cette époque fut mal représentée, car ceux qui la réclamèrent les premiers appar-