‹ L'église et la révolution françaiseChapitre 343 sur 373 · EFFETS DU CONCORDAT · texte numérisé non relu

EFFETS DU CONCORDAT

tenaient à cette religion théophilanthropique dont les rites étaient ridicules et qui avait eu le tort d'exploiter la protection du Directoire. La secte comptait encore à l'époque du concordat un certain nombre d'adhérents qui n'étaient pas disposés à se rattacher aux Eglises officielles et qui désiraient simplement célébrer leur culte conformément à leurs convictions. Ce culte prêtait beaucoup à la critique au point de vue religieux ou philosophique, mais il n'avait rien d'immoral et devait par conséquent échapper à la répression de l'Etat. Les théophilanthropes étaient parfaitement fondés à invoqr.er en leur faveur la liberté religieuse. Dès ce moment tout ridicule disparaît, il n'y a plus qu'un droit sacré en face de la force oppressive. Le 12 ventôse an X, les chefs de la secte avaient fait une déclaration à l'autorité compétente pour annoncer qu'ils voulaient continuer l'exercice de leur culte dans un local loué par eux. Ils ne purent obtenir acte de cette déclaration; toutes leurs réclamations furent inutiles. Dans la protestation très raisonnable qu'ils rédigèrent on lit ces paroles auxquelles on ne peut donner qu'un entier assentiment : « Où serait la liberté des cultes, s'il n'était permis de suivre que l'un de ceux qui sont établis1? » Telle était bien cependant la théorie du nouveau gouvernement. « Je ne veux pas de religion dominante, disait Napoléon à son conseil d'Etat, ni qu'il s'en établisse de nouvelles. C'est assez des religions catholique, réformée et luthérienne reconnues par le concordat2.» Le premier consul fit aux théophilanthropes l'honneur de leur consacrer une de ses harangues passionnées auxquelles il avait accoutumé le conseil d'Etat. « Ils se plaignent, dit-il, de ce que le pape gouverne en France. Ces gens-là ont la marche d'un club. Je ne veux tourmenter personne pour des opinions religieuses, mais je ne veux pas que sous ce prétexte on s'occupe des affaires politiques. Qu'on leur donne une chapelle... Et puis voici les prêtres constitutionnels qu'on me lance dans les jambes, j) Il reprit après réflexion : « Faites un arrêté pour fermer

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