LA CONSTITUTION CIVILE FIDÈLE A i/ ANCIEN RÉGIME
30,000 livres, à l'exception de l'archevêque de Paris dont le traitement était fixé à 75,000. L'usage des bâtiments et jardins épiscopaux était laissé aux dignitaires ecclésiastiques. La constitution civile du clergé était ainsi mise en vigueur aussitôt que décrétée.
Il est juste de reconnaître à la décharge de la Révolution que cette constitution n'a été qu'une rigoureuse application des maximes de l'ancienne monarchie. C'était tout simplement du gallicanisme à outrance. On peut s'en convaincre en lisant la fameuse consultation que Louis XIV demande sur ses droits, touchant l'administration d'Eglise, à Le Vayer de Boutigny, l'un de ses maîtres des requêtes. Le savant jurisconsulte distingue dans l'Eglise le corps politique et le corps mystique. Dans toute sa vie extérieure et sociale elle dépend entièrement du prince, car elle est dans l'Etat, et l'Etat n'est pas en elle. Le corps mystique qui comprend la doctrine, la discipline, les sacrements, semblerait devoir échapper à toute domination purement terrestre. Il n'en est rien ; le prince n'est pas seulement magistrat politique, il est encore le protecteur de l'Eglise et tout ce qui lui a échappé à titre de magistrat il le ressaisit comme son protecteur. Non content de protéger l'Eglise contre ses adversaires en mettant son glaive à son service, il la protège encore contre elle-même, il la surveille avec un soin jaloux. 11 ne se mêle pas sans doute de la foi, mais dès que cette foi se traduit en actes publics, c'est-à-dire dès qu'elle se manifeste, elle tombe sous son contrôle. Tantôt c'est le gardien de l'Etat qui ne permet pas que l'Eglise porte atteinte à sa souveraineté ou aux intérêts du pays; tantôt c'est le protecteur de la religion qui ne souffre pas qu'elle s'égare par un zèle mal entendu. « Dieu, dit naïvement l'auteur, a voulu que son Eglise eût la simplicité et, selon le monde, la faiblesse des enfants'. Aussi lui a-t-il donné donné les rois comme tuteurs pour la protéger et la secourir dans toutes les choses où elle n'est pas capable de se défendre !, » L'Eglise ne peut jamais abandonner à l'Etat « une chose de nécessité au salut, » c'est-à-dire tout ce qui est