DE RODEZ
et d •
VABRES
Cheij moxsikuu l'Aiîiîé,
Vous êtes à la veille de publier un nouveau Guide des pèlerins à Conques. Vous ne pouviez faire une œuvre qui me fût plus agréable. Aussi je lui donne toutes mes bénédictions et je lui souhaite toute prospérité.
La célèbre abbaye de Conques, avec son incomparable trésor, a été une des plus chères préoccupations de mon épiscopat, et je bénis le bon Dieu d'avoir fécondé les efforts que j'ai faits pour lui redonner le lustre des anciens jours et faire affluer de nouveau vers elle le flot des pèlerins.
A'^otre Guide sera pour moi, dans le but que je poursuis, un puissant auxiliaire. Vous y avez mis tout votre talent d'archéologue, et l'amour de sainte Foy a dû inspirer votre plume pour que vous ayez pu raconter d'une manière aussi attachante les merveilles de son abbaye.
Veuillez agréer, avec tous mes remerciements, l'expression de mon affectueux dévouement.
7 EnxEST, ('i>ê(jiie de Rodez et de Vabres.
INTRODUCTIOIS
Il serait aujourd'hui bien difficile de se faire une idée, même approximative, de la vogue du pèlerinage au sanctuaire de Sainte Foy, au moyen âge. On peut cependant, en lisant les récils merveilleux de l'Ecolâtre d Angers dans son Livre des Miracles; les actes des donations inspirées par la piété et la reconnaissance , et consignées dans le Liber mirabilis ; le cartulaire de Conques et le récit des munificences de quelques abbés ; surtout en contemplant les restes du trésor unique accumulé autour de la statue d'or et des reliques de la sainte; on peut, jusqu'à un certain point, se représenter l'entraînement qui portait les foules à Conques et qu'accroissait chaque jour le bruit des merveilles qui s'y opéraient. Peut-être, s'il fallait un terme de comparaison, pourrait-on, dans une certaine mesure, rapprocher ce mouvement religieux de celui qui, durant tant de siècles, conduisit les multitudes au tombeau de saint Martin, le grand thaumaturge des Gaules.
La vallée de Conques, — l'ancienne vallée rocheuse, vallis lapidosa, — sauvage alors et couverte de forêts, était, au témoignage de la chronique rédigée au XI* siècle, peuplée, vers le milieu du iv^,