‹ L'Église et le trésor de ConquesChapitre 20 sur 40 · Long., 0.25; larg., O.lG; ép · texte numérisé non relu

Long., 0.25; larg., O.lG; ép

2. L'an TlOO de rincaniation , le sixième jour des Kaleiides de juillet, le seigneur Pontius, évèque de Barbastre en Cologne et moine de Sainte-Foy, vierge, — a consacré cet autel de Bégon abbé, et y a placé des fragments de la croi.'c du Christ et de son sépulcre, ainsi que beaucoup d'autres reliques.

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l)uste. Ce sont, sur le coté droit : le Christ IHESVS) nimbé et bénissant; à sa droite, Marie [^ MARIA > sainte Cécile [S CECILiA , saint Paul 'S PAVLVS ; à sa gauche, sainte Foy -5: FIDES • ^idnl \'incent' (S VINCENTIVS), saint Pierre ;S PETRVS • A la partie supérieure, de gauche à droite : saint André (6 ANDREAS), saint Jacques (5 lACOBVS > saint Jean 5 lOHANNES), saint Thomas S THOMAS^- Sur le côté gauche : saint Matthias [% M ATI AS » saint Luc (5 LUCAS;, saint Marc 9 MARCUS), saint Caprais (5 CAPRASIVS), saint l-:tienne (S STEPHANVS , saint Tiuuldée s- TADDEVS), saint Simon SS MON • Knfin, à la partie inférieure : saint Matthieu S MATHEVS> saint Barthélémy (S BARTOLOMEVS , saint Philippe 3 PHILIPYS,, l'autre saint Jacques S lACOBVS •

Il faut remarquer que la \ ierge et sainte Foy, cjui se tiennent de chaque côté du Christ, portent à la main une sorte de couronne de forme elliptique, peut-être celle de la ^ irginité. De plus, la place occupée par le Sauveur nous ferait croire , contre l'opinion émise, que le grand côté de droite devait être tourné du côté du célébrant. Enfin la place d'honneur donnée à sainte Foy et la présence de saint Vincent nous autoriseraient à conjecturer que cet autel a été fait pour l'usage spécial de l'abbé de Conques et peut-être qu'il a été fabriqué à Conques même, où il devait exister, comme dans d'autres

1. Il s'ag-it ici de saint Vincent, diacre de Saint-Caprais , martyrisé peu de temps après lui, et dont les reliques furent transportées à Conques à peu près à la même époque que celles de sainte Foy.

centres monastiques importants , des ateliers d'orfèvrerie et d'émaillerie ^.

Cette dernière observation peut aussi s'appliquer à la pièce désignée sous le nom d' « autel en albâtre oriental », et que nous croyons avoir été primitivement une couverture d'évangéliaire. Nous n'en voulons jjour preuve que la place et le choix des attributs que nous allons y signaler et sa similitude avec des monuments analogues conservés dans diverses collections, particulièrement au Trésor de Trêves^. Nous pensons que la plaque d'albâtre oriental qui en a fait un autel portatif, a remplacé une plaque de métal couverte des ornements qui se rencontrent d'ordinaire sur les couvertures d'évangéliaires de la même époque.

Quatre larges bandes d'argent doré forment un premier encadrement extérieur^. Elles portent des filigranes, des cabochons, une pierre gravée, quatre rosaces en émail cloisonné et dix figures ou symboles, aussi en émail cloisonné. De ces dix figures, six, sur fond de forme circulaire, sont disposées trois par trois dans les bordures du haut et du bas. C'est, en haut, le Christ, nimbé et accosté des lettres A et XI, entre l'homme et l'aigle qui symbolisent saint Matthieu et saint Jean; au bas, l'Agneau pascal sur un fond traversé pur une croix, entre le lion de saint Marc et le bœuf de saint Luc. Les quatre symboles sont nimbés. Les quatre autres figures, sur fond

1. Cette conjecture est, d'ailleurs, confirmée par plusieurs passages du Licre des Miracles de sainte Foy.

2. Y. Palustre et X.-B. de Montault, Le Trésor de Trêves, p. 21-23.

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