‹ L'Église et le trésor de ConquesChapitre 35 sur 40 · CROIX DE PROCESSION · texte numérisé non relu

CROIX DE PROCESSION

Haut, de la croix : 1'" Ô8. — Haut, totale : 2"> 62.

La croix proprement dile se compose d'une âme en bois recouverte de lames d'argent frappées de larges feuilles profondément découpées, identiques pour la forme à celles que nous retrouverons sur une couverture dévangéliaire du xvi* siècle. Disons cependant que les tiges qui traversent ces feuilles ne sont pas semblables sur les deux objets.

Une sorte de torsade délicatement creusée borde l'arbre de la croix et sa traverse. A leur intersection, une plaque carrée couvre le joint et se relie par un biseau à celui qui longe la plaque frappée de feuillage. Quatre glands ornent les angles du carré. Les extrémités de l'arbre et des bras se terminent par ,' une sorte de quintefeuille à extrémités aiguës, * ornées de boules entourées d'une torsade, et terminées par un fleuron. Seule, la pointe inférieure appliquée sur la base de l'arbre, n'a pas cette boule. Quatre-vingt-onze cabochons et pierres antiques sont semés sur les deux faces, auxquelles convient également la description qui précède.

La face principale porte l'image du divin Crucifié. Sur les quintefeuilles sont appliqués : au sommet, le Père Eternel; à droite et à gauche, la Vierge et saint .Jean; au bas, un reliquaire qui a peut-être contenu un fragment du bois de la vraie Croix.

Au revers, derrière le crucifix, un petit culot supporte une statuette de sainte Foy couronnée et nim-

bée, et tenant, de la main droite, une palme, et un gril de la gauche. Sur les quintefeuilles sont fixés : au sommet, saint Jean; à droite, saint Luc; à gauche,

saint Marc; au bas, saint Mathieu. Les quatre évangélistes sont reconnaissables à leurs attributs.

Tout cet ensemble repose sur l'amortissement, en forme de toit imbriqué, d'un nœud octogone orné de contreforts, de pinacles, de crochets, de gargouilles^ et de chimères d'un travail délicat et soigné. Sur chaque face, un petit cul de lampe supporte, sous un dais, la statuette d'un saint que son attribut fait reconnaître : saint André, saint Barthélémy, saint Mathias, saint Jacques le Majeur, saint Paul, saint Simon^ saint Jacques le Mineur, saint Pierre.

Ce nœud se relie par des surfaces courbes à la hampe qui est lisse sur une petite longueur. Puis, au dessous d'une moulure saillante, elle est recouverte, jusqu'à la garniture de sa base, par une bande d'argent enroulée en spirale, et frappée de dessins appartenant à deux époques sensi!)lement différentes. L'un se compose de palmettes séparées par des rangées de perles ; l'autre, plus moderne, est formé de légers feuillages portés par une tige continue, comme on en faisait à la Renaissance.

Il faudrait examiner si toutes les parties qui composent cette croix datent du même temps. Nous cr.oyons volontiers, après M. Darcel, que le nœud et les figures sont quelque peu antérieurs à la croix elle-même. Quoi qu'il en soit, l'exécution des figurines et des ornements est remarquable, et atteste, de la part de 1 orfèvre qui les a ciselés, une remarquable habileté de main.

En 1879, Mgr l'Évêque de Rodez a fait substituer aux reliques inconnues que contenait cette croix, une relique de la vraie Croix.

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Haut. : 0.:î8. — Larfr. : 0.25.

Cette reliure est en argent doré, et date du xvi^ siècle. Le Christ en croix, entre la Vierge et saint Jean, se détache en haut relief sur un fond frappé de grands rinceaux symétriques. Sur l'arbre de la croix, au dessous des pieds du Sauveur, un ■écusson à enroulements porte les armes parlantes de sainte Foy : deux mains entrelacées, symbole de la bonne foi, et surmontées d'une couronne. Une large bordure saillante, où des feuilles profondément découpées s'étalent sur une tige droite, porte, aux angles, des médaillons où sont représentés, en relief, les symboles des évangélistes. Un grand cabochon est placé au milieu de chacun des grands côtés.

CHASUBLE ou Xlll*^ SIÈCLE

Mentionnons, pour en finir avec le trésor, une chasuble, dont les orfrois sont du xiii*' siècle, et ont été appliqués sur une étoffe moderne. Sur ces orfrois, sont brodées à l'aiguille plusieurs scènes de la vie du Sauveur. On voit, à la face antérieure, les trois scènes suivantes, en allant de bas en haut : la Nativité de Notre Seigneur, la Visitation, l'Annonciation. A la face postérieure, la tige de la croix porte : le Crucifiement, la Flagellation, le Baiser de Judas, la Cène. Sur le bras droit est représenté le Christ, souverain Juge; sur le bras gauche, la Pentecôte.

Chacune de ces scènes, dont les personnages sont d'une grande naïveté d'expression, se passe

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sous une arcade supportée par des pieds droits à chapiteaux. Dans les écoinçons sont figurés des perroquets. A la face postérieure on remarque deux écus armoriés, mais indéterminés. On a placé au bas les armoiries de Pie IX, ainsi que celles de Mgr Bourret, à qui l'on doit la restauration de cette belle chasuble.

Nous avons dit plus haut ' quel concours heureux de circonstances avait permis, en 1890, d'aménager une grande salle dans la galerie occidentale de l'ancien cloître. On a formé dans cette salle un Musée déjà considérable, en réunissant tout ce qui se découvre chaque jour dans le pays et, plus spécialement, ce qui se rattache à l'abbaye de Conques. Cette collection ne cesse de s'accroître, et elle offre, dès maintenant, un réel intérêt. A défaut d'un catalogue raisonné, qui en ferait connaître les objets, nous en citerons brièvement les plus importants, au hasard de nos souvenirs :

Cinquante chapiteaux et abaques provenant du cloître fxii*' siècle).

Les remarquables débris de la vasque en serpentine qui se trouvait au milieu du cloître.

Quinze sarcophages mérovingiens et carolingiens.

Une cuve baptismale en granit (xv^ siècle).

Une table d'autel en marbre, à rebord (xii* siècle).

Une statue en pierre de la Vierge fxv^ siècle).

Deux tables et un bahut de la Renaissance.

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