‹ L'Église et le trésor de ConquesChapitre 36 sur 40 · Page · texte numérisé non relu

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LE MUSEK loi

Plusieurs manuscrits, dont les principaux sont : une copie de plusieurs œuvres de saint Augustin et do saint Bernard , faite au xiii* siècle et enrichie de vignettes enluminées ; — un livre d'heures du xiv"^ siècle ; — une copie du Livre des Miracles, de Bernard d'Angers ; — trois livres de chant de lutrin, du xvi"^ siècle; — la liturgie de l'église de Conques à la même époque.

Quatre tapisseries représentant des scènes relatives au martyre de sainte Foy : P sainte Foy comparaissant devant Dacien ; — 2" sainte Foy sur le gril ardent; — 2° décollation de sainte Foy, et comparution de saint Caprais devant Dacien ; — 4" saint Prime et saint Félicien, compagnons du martyre de la sainte.

Sept autres tapisseries représentant des scènes relatives aux saints de Provence.

Une tapisserie représentant le mariage de François I*"".

Quatre tapisseries représentant des paysages.

Environ cinquante pièces de faïence de provenances diverses : Moustiers, Varage, Strasbourg, Rouen...

Trois anciens mortiers.

De nombreuses pièces de monnaie d époques et d'origines diverses.

Des fragments de céramique gauloise , galloromaine et mérovingienne.

Un moule à hosties du xiv® siècle.

Une hallebarde Henri II, avec ornements gravés.

Une crosse en bois doré et sculpté, aux armes de Durfort Deyme, qui fut abbé de Conques, de 1736 à 1754 : d'azur à la bande d or.

Une statue de pape.

Un calvaire du xvi^ siècle.

Plusieurs statues de saints.

Un rétable en bois doré, du xvi* siècle.

Deux bâtons cantoraux, du xvii^ siècle.

Des fragments d'étoffes du xiii* et du xv!*" siècle.

Un cachet du xvii^ ou du xvm^ siècle, portant la figure à mi-corps du Sauveur nimbé, bénissant et tenant le globe du monde, avec l'inscription : SALVATOR-

V'»V\MWWi,i..p» mil I ma .,^

Une matrice de sceau ovale en ogive, qui présente la figure de sainte Foy, nimbée et couronnée, tenant de la main droite une palme, et de la gauche un livre

qu'elle appuie contre sa poitrine ; elle est placée sous une arcade ogivale surmontée d'un dais. Au dessous, six moines sont à genoux, trois de chaque côté d'un palmier; une banderolle, qui les sépare de la sainte, porte cette prière que sans doute ils lui adressent : DUC NOS QUO RESIDES INCLITA VIRGO FI DES '• ^ 'it^ i)aluielte est i)lacée au dessous deux. Autour du sceau, on lit la légende : S[lGILLVM]

plRI^or:is] et co:njve[n]tvs MONLASTERII] conchenlsis] ad causas et L[ITTE]RAS

CLAUSAS'-

11 semble dater du»xiv'' siècle. C'était, comme l'indique la légende, le sceau que l'on apposait, au nom du prieur et de sa communauté, au bas des actes et des lettres qui devaient être scellés pour être mis à l'abri de la curiosité ou de l'indiscrétion.

Le visiteur de l'église, du trésor et du musée de Conques me saurait mauvais gré de terminer ce travail ?ans prononcer le nom de M. l'abbé Marie- Bernard Florens, dont l'affabilité ne se dément pas un seul instant. Depuis plusieurs années, l'aimable curé-doyen de Conques s'est si bien identifié avec les merveilles dont il a la garde, qu'il en est devenu comme inséparable. Il en fait presque partie.

C'est lui qui a présidé à la restauration des arcades du cloître retrouvées en 1890. Il a veillé à ce que ce travail fût accompli avec le plus grand soin, et que rien ne fût fait qui pût altérer le carac-

1. Glorieuse vierge Foy, conduisez-nous au séjour où vous habitez.

2. Sceau du prieur et du convent du monastère de Conques aux causes et aux lettres closes.

tère du monument. Il rêvait, depuis longtemps, un local propre à recevoir les nombreux objets qu'il recueillait chaque jour à Conques et aux environs ; le local était désormais trouvé : c'était la grande salle qui prend jour par les arcades. Un des désirs les plus chers de l'abbé Florens était réalisé, et c'est avec un soin minutieux qu'il a su disposer les pièces de la collection qu'il aime à appeler son « petit Gluny ». Il y admet, non seulement les monuments relatifs à Conques, mais aussi tout ce qui se rapporte à l'histoire du culte de sainte P'oy et à son iconographie. C'est ainsi qu'on y retrouve, représentés par la gravure ou la photographie, des images de la glorieuse sainte, ainsi que plusieurs des sanctuaires dont elle est la patronne. Tout ce qui touche à Conques et à sainte Foy y est bien accueilli.

M. l'abbé Florens a d'autres ambitions encore, et je le soupçonne fort d'avoir laissé hanter son sommeil par la pensée de ce qui se passe tous les dix ans à Oberammergaii, en Bavière. Il a voulu, lui aussi, avoir « sa Passion », et il la eue. Cette année même (1892), a eu lieu la seconde série de représentations, qui n'a pas attiré à Conques moins de sept mille pèlerins et visiteurs; comme à Oberammergaii, les acteurs du drame divin, emprunté aussi textuellement que possible au saint Evangile, étaient choisis parmi les habitants du pays, et c'est dans leur foi vive, ignorante des règles de l'art dramatique, qu'il faut chercher le secret de leur émotion sincère et communicative. Pour la circonstance, le curé de Conques s'est fait machiniste, costumier et imprésario. Mgr l'Evêque de Rodez, qui assistait à l'une des représentations avec ses vicaires généraux, a pu

lui dire qu'il réalisait des merveilles et que tout ce qui se voyait à Conques ressemblait à un vrai tour de force.

Souhaitons, pour notre part, que la notoriété et le succès de ces représentations croisse chaque année. Ce sera une attraction de plus à ajouter à celles qui amènent dans ce coin privilégié les archéologues et les artistes. Si le voyage est quelque peu pénible, la fatigue en sera amplement compensée par des satisfactions durables et aussi — ce qui ne gâte rien — . par une hospitalité cordiale et affectueuse. Ceux qui l'ont éprouvée ne me démentiront pas.

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