Le livre de vie est scellé
- 2. L'assemblée des saints se tient pleine de joie devant le Christ son Juge.
3. C'est ainsi que les hommes pervers sont plongés dans 'l'enfer. " "
large main qui est celle de Dieu. On voit ensuite les morts ressuscites et sortis de leurs tombeaux. Sous les pieds du Christ, a lieu le pèsement des âmes. Le démon cherche en vain à faire pencher de son côté la balance, tandis que saint Michel a le bon droit pour lui. Derrière le démon, d'autres démons tourmentent des damnés.
Au dessous de saint Michel, un ange reçoit les âmes des justes à l'entrée du ciel dont la porte est ferrée avec grand soin. Six arcades abritent les élus : ce sont les confesseurs; puis les apôtres avec les rouleaux des évangiles ; les innocents de chaque côté du Christ assis ; les martyrs, portant une palme et une coupe pleine de leur sang ; les saintes femmes, avec les urnes de leurs bonnes œuvres ; enfin les vierges, tenant un livre et une lampe.
Du côté opposé, le damné qui vient d'être pesé tombe la tête la première dans le vestibule de l'enfer, où sont déjà arrivés d'autres damnés. Un diable armé d'une massue les fait entrer dans une énorme gueule qui remplit l'ouverture de la porte. Au delà sont représentés tous les péchés et tous les vices : l'adultère, par un homme et une femme sans vêtements et tenus par une même corde ; — la paresse, par un damné couché sous les pieds de Beelzébuth (« le gros diable » , disent les habitants de Conques) , qui préside à toute la scène; — l'avarice, par Judas pendu, sa bourse au cou; un diable tire la corde; — la médisance, par un personnage à qui on arrache la langue ; — l'envie peut-être, par deux personnages dont l'un est monté sur les épaules de l'autre ; — plus haut, la gourmandise, par un homme qu'un porc et un lapin font rôtir; — la luxure et la fornication,
que va couvrir d'un voile un démon à l'air candide et pudibond; — la colère, représentée par une mêlée où se donnent des coups de pied et de poing, et où l'on voit des gens armés de piques et de bâtons ; — l'ambition, par des moines et un évêque pris dans un fdet ou tombant devant un diable pansu ; — l'ivrognerie enfin, par un diable qui tient une bouteille et qui force un damné à boire malgré lui'...
La bande qui court sous les pieds du Sauveur porte cette inscription : SIC DATVR GieCTIS AD CGLI GAVDIA VINCTIS GLORIA PAX REQVIES PER- PETWS^ : DIES' 4- PGNIS INIVSTI CRVCIATVR IN IGNIBVS VSTI DEMONAS AT«1 : TRGMVN" PERPE'kO*! : GEMVN^î
Au dessus des élus : CASTI • PACIFICI MITES : PIGTATIS AMICI : SIC STANT GAVDENTGS SGCURI NIL MGTVENTGS +'
Du côté opposé : FVRGS n?ENDACGS FAL///SDCVPIDIQVE RAPACGS SIC SVNT
1. Les diverses interprétations et les attributions que nous venons de donner sont celles qui ont depuis longtemps cours à Conques. Nous les reproduisons sous toutes réserves, sans avoir l'intention de nous engager, nous réservant d'en faire une étude plus critique et plus approfondie dans un travail ultérieur. Nous réservons aussi pour ce travail les discussions relatives aux dates probables de construction des diverses parties de l'édifice, pour nous en tenir ici à une simple description.
2. Ainsi sont donnés aux élus unis, pour les gloires du ciel, la gloire, la paix, le repos, une lumière sans fin.
3. Les méchants sont tourmentés par les châtiments, brûlés par les flammes, [au milieu desj démons, ils tremblent et gémissent perpétuellement.
4. Les chastes, les pacifiques, ceux qui aiment la piété, sont ainsi remplis de joie et de ^^écurilé, et exempts de crainte.
DAMPNATI CVNCTI SIMVL GT SCeLGRATI'-
Enfin, au dessous de l'ensemble, on voit cet avertissement aux pécheurs : Q PGCCATORGS TRANSMVTGTIS NISI MORGS : IVDICIVM DV- RVM VOBIS SCITOTG FVTVRVm' !
Parmi les œuvres de la sculpture romane, il existe bon nombre de tympans qui offi'ent la représentation de la scène du Jugement dernier. De celles que nous connaissons, aucune n'a été traitée avec le même soin que celle de Conques. La vei've de son auteur ïi été servie par un ciseau exercé, et si, parfois, on peut remarquer des défauts de pro|)ortion ou des incorrections de dessin, ces défauts sont largement rachetés par l'expression toujours juste des physionomies et la disposition originale des scènes. Il y a dans cette page magistrale plus de cent ])ersonnages; aucun d'eux n'est banal, aucun n'est traité avec négligence. Ajoutons que le tympan de Conques a sur ses similaires une grande supériorité, celle de sa mer^ veilleuse conservation. Les habitants du pays — et c'est leur gloire — l'ont sauvé de la destruction aux m.iuvais jours de la Révolution, comme ils ont sauvé leur incomparable trésor. Plût à Dieu que leurs imitateurs eussent été nombreux en France ! Nous aurions aujourd'hui à déplorer moins de désastres et -à admirer plus de richesses artistiques. - On voit encore des traces notables de la polychromie qui décorait autrefois en entier le tympan, et qui a dû être refaite à diverses époques. Le rouge
1. Les voleurs, les menteurs, les trompeurs, les avares, les ravisseurs, sont tous condamnés ainsi avec les scélérats.
2. Pécheurs, si vous ne transformez vos mœurs, sachez que vous subirez un jug-ement redoutable.
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domine à tlroite, le l)leii à gauche. L'inti-ados de rarchivolle était aussi peint.
A l'extérieur de l'archivcjlle règne une décoration oriïrinale. C'est une banderole soutenue de place en place par deux mains entre lesquelles api)araît une tète.
ISTICIUEUR
Une nef de six travées avec bas côté simple, surmonté d'un haut triforium ; un long transept à bascôtés, flanqué à l'est de quatre absidioles; un vaste chœur contourné par un déambulatoire sur lequel s'ouvrent trois chapelles semi-circulaires : telle est l'ordonnance générale de l'église de Conques. Notons en passant une nouvelle influence de l'école auvergnate dans le plan du rond point à chapelles rayonnantes.
Les six travées de la nef sont séparées par des piliers alternativement carrés , présentant sur chaque face une colonne cylindrique engagée, et cruciformes, avec saillie rectangulaire dans chaque angle rentrant. Ces derniers , dépourvus de chapiteaux, supportent, sur un bandeau chanfreiné, un pilastre semi-circulaire qui monte jusqu'à la naissance de la voûte haute, dont le doubleau repose sur son chapiteau. Quant aux autres, leur colonne seraicylindr-ique s'élance d'un jet jusqu'à la naissance du doubleau. Des arcades en plein cintre, à double rang de claveaux, séparent la-^î«f-des bas-côtés. Ceux-ci sont voûtés en voûtes d'arête sans nervures. Deux fenêtres en plein cintre éclairent chaque travée : elles sont percées, la première dans le collatéral, la seconde dans le mur du triforium.
Le triforium est formé d'arcades géminées reposant sur des colonnes jumelles et encadrées dans un
arc en plein cintre. Une voûte en 1/4 de cercle court sur la galerie et s'appuie à la naissance de la
Aoiïte haute, construite en berceau. Derrière chaque pilier un mur épais, reposant sur le doubleau du collatéral, et percé d'une ouverture en plein cintre, fait l'office d'éperon pour contrebuter la poussée. Remarquons que les huit arcades du triforium qui s'ouvrent sur le carré du transept sont notablement plus étroites que les autres, à cause de leur position au dessus des collatéraux, et que, par suite, leurs archivoltes sont fortement surhaussées.
Les arcades hautes du carré du transept prennent naissance à la même hauteur que la voûte de la nef. Quatre trompes établies aux angles supportent un tambour octogone dont chaque face est percée dune fenêtre en plein cintre. Au dessus a été reconstruite au XIV® siècle une coupole octogone dont les nervures reposent sur autant de consoles.
Chacun des bras du transept se compose de deux •travées, et possède deux bas-côtés. L'ordonnance est la même que dans la nef, et le triforium qui surmonte les bas côtés continue celui de la nef. Néanmoins le collatéral et le triforium s'interrompent aux extrémités du transept, où une large corniche sei't de passage d'une galerie à l'autre. Dans le mur du pignon sont percées plusieurs ouvertures en plein cintre.
Des deux chapelles qui s'ouvrent sur chaque bras du transept, la plus extérieure est construite sur plan semi-circulaire, éclairée par une seule fenêtre et voûtée en cul de four. La plus rapprochée du chœur se compose d'une travée carrée, voûtée en berceau, ornée d'arcatures et dune absidiole à cinq pans, voûtée aussi en cul de four, mais percée de trois fenêtres. La première de ces chapelles, pratiquée
dans l'épaisseur du mur, n'esl pas apparenie à l'ex-
térieur; 1 autre, polygonale ;i 1 intérieur, est semicirculaire au dehors.