PREMIERE PARTIE
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L'Eglise de Reims est une des plus anciennes et des plus respectables de la France. La sainteté de ses évoques, leur célébrité, leur haute naissance (t) et les prérogatives distinguées qui sont attachées à son siège, l'ont avec raison fait regarder dans tous les teins comme la première église du royaume.
Cette Métropole avoit autrefois pour suffragans : Arras, Cambray, Tournay, Thérouenne et les évechés des pays autrichiens, mais ils furent distraits lors de l'érection de Cambray et de Malines en archevêchés, en 1559 et 1560. Le Roi, pour dédommager l'Archevêque, ainsi que le Chapitre de Reims, qui perdoit son droit de C happe sur ces évechés, consentit à la réunion de l'Abbaye de Saint-Thierry à l'Archevêché, et attribua au Chapitre le revenu d'une année à la mort de chaque Archevêque.
(1) Parmi ces prélats, on compte 13 saints, 12 princes, 2 fils de Roi, 4 princes du sang, 1 Pape, 11 Cardinaux, 9 Chanceliers et 2 Grands Aumôniers de France (Note de Bauny).
Cette réunion fut ordonnée par une bulle dlnnocent XII, du mois de Septembre 1696(1).
Il reste encore huit évêchés dépendant de Reims, qui sont : Soissons, Châlons, Laon, Senlis, Beauvais, Amiens^ Noyon^ Boulogne.
On sait jusqu'où alioit, dans les premiers tems de réglise, et même avant le Concordat (2), cette dépendance des évêques sufiragans de leurs métropolitains ; mais la douceur de nos mœurs, une manière de penser plus conforme aux maximes de l'Evangile, une connaissance plus étendue de la liberté de l'homme et de ses droits, ont amené bien des changements dans la hiérarchie ecclésiastique et les Métropolitains, ainsi que les Souverains-Pontifes ont relâché beaucoup de leur ancien pouvoir (3).
Il leur en reste cependant encore assez pour se faire respecter de leurs inférieurs et pour établir un juste équilibre entre l'autorité des Evêques sur leurs sujets et la soumission et la dépendance de ceux-ci envers leurs supérieurs.
L'Archevêque de Reims a toujours conservé, même depuis le Concordat, le droit de recevoir le serment de ses sufTragans; ils sont obligés de venir à Reims, après son sacre, lui jurer obéissance et respect, obedientiam et reverentiam.
Il reçoit d'eux ce serment couvert de sa mitre et assis dans un fauteuil placé à côté de l'autel de son
(1} Voir les actes de cette réunion. Varin : Archives législatives de la ville de Reims, 2^ partie, — Note du Marlot de l'Académie, III, p. 50. — Ces actes ne se trouvent pas dans Varin. On peut consulter Francart: Vie de Saint-Thierry, p. 60. Genêt : Histoire de Trigny, p. 113 et seq. (Note de l'Ed.) (2j Concordat entre Léon X et François I". (Note de TEd.) (3) Bauny sacrifie aux idées du XVIII» siècle. Il s'en repentira. (Ed.)
église, et ses suffragans se tiennent debout et découverts pendant le serment (1).
Tous les chapitres des Cathédrales des Evêchés suffragans de Reims, excepté celui de Laon, dépendent immédiatement de TArchevêque Métropolitain, qui a le droit de les visiter et de les corriger si besoin est.
Cet Archevêque, comme Primat de la Gaule-Belgique, ne reconnoît d'autre supérieur que le Pape, et c'est pour cette raison que les appellations des jugements de son Officiai Métropolitain sont portées directement au Souverain-Pontife.
Si la juridiction spirituelle des Archevêques de Reims s'étendoit fort loin autrefois, leur puissance temporelle n'étoit pas moins grande non plus. Quoique cet article n'ait aucun rapport avec mon ouvrage, j'en dirai cependant quelque chose lorsque j'exposerai Torigine et la formation du Chapitre et des dignités de cette Eglise.