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CHAPITRE DE REIMS

Il est certain que nos premiers Evêques avoient des adjoints ou coopérateurs, dans les fonctions de

(1) On voit cependant dans l'Estampe où l'Archevêque est représenté recevant le serment, que l'Evêque qui lui prête est couvert de sa mître, qu'il tient son bâton pastoral de la main gauche et à la main droite étendue et posée sur le livre de l'Evangile. Marlot (latin) in-folio, t. i, lib. i, cop. xxii (NotedeBauny).

Marlot, édit. de l'Académie. T. i, p. 393. L'Archevêque est assis sur son trône du côté de l'Evangile, les suffragants viennent prêter serment sur le livre des Evangiles placé sur l'autel, au côté gauche (Ed.;.

leur ministère, lesquelles étoient bien plus pénibles encore dans les commencemens qu'elles ne le sont aujourd'hui. Ces coopérateurs étoient des hommes vertueux, zélés et éclairés, dont les premiers pasteurs des Eglises faisoient des Clercs, des Sous-Diacres, des Diacres et des Prêtres, selon la différence de leur mérite et de leur capacité. Ils en faisoient même quelquefois des Evêques, qu'ils établissoient dans des contrées éloignées où leur sollicitude pastorale ne pouvoit s'étendre qu'avec peine.

Ces adjoints prirent d'abord le nom de clercs et formoient ce que nous appelons encore le clergé de TEvêque. Ils lui étoient soumis en tout, ne recevoient rien en particulier et déposoient entre ses mains les oblations et les aumônes des fidèles. L'Evêque à son tour se chargeoit de leur entretien et fournissoit à chacun le nécessaire.

Le Clergé de Reims ne fut pas d'abord fort nombreux, il n'eut pas même, jusqu'à la fin duIV« siècle, d'autre consistance et d'autre union que celle de son zèle, sa piété, son attachement et sa soumission à ses Evêques et le retour de charité que ceux-ci pouvoient lui donner. Ils vivaient de ce que vouloitbien leur distribuer l'Evêque, qui possédoit et administroit à son gré toutes les richesses de son Eglise; il pouvoit même les rayer de la matricule où ils étoient inscrits, et par là leur état était toujours incertain.

Ce ne fut que sous Baruch I^r, Baruch II et Barnabus, que le clergé de cette Eglise commença à s'occroître et à prendre une espèce de forme. Bennade ensuite fixa les rangs de ses clercs, ainsi que la distribution des biens de son église, qu'il augmenta de ses biens propres par son testament. Saint Rigobert fut, à proprement parler, le premier qui donna véri-

tablement une forme au Chapitre vers le milieu du Ville siècle. Pour mettre fin au gouvernement purement arbitraire de ses prédécesseurs, ce Prélat assigna des biens qui appartiendroient en propre au corps des Clercs de son Eglise, non à chacun en particulier, mais en commun. Il fit aussi de sages réglemens, auxquels ses successeurs, et entre autres Ebon, en ajoutèrent encore de plus sévères, et que nos rois protégèrent en écartant tous les obstacles qui pouvoient nuire à leurs observations (1).

L'archevêque Ebon obligea ses clercs, sous des peine prescrites, à manger dans le même réfectoire, à habiter le même cloître et à coucher dans le même dortoir. C'est-à-dire qu'il voulut qu'ils fissent par devoir ce qu'ils avoient fait jusqu'alors volontairement et de plein gré. Parmi les réglemens que firent Saint Rigobert et ses successeurs immédiats, on trouve que l'Archevêque ne se réservoit que les fonctions épiscopales, comme la consécration des prêtres et des églises, la Confirmation, la réconciliation des pécheurs publics, Tindication des jeûnes et une inspection générale sur son Chapitre et sur son Diocèse; le reste étoit confié à son Clergé et principalement aux dignitaires de son Eglise (2).

Les Archevêques de Reims n'eurent d'abord sur leurs citoyens d'autre empire que celui de la vertu; chéris et respectés dans leur ville, le nom flatteur de Père du Peuple étoit le seul titre de leur puissance.

(1) Louis le Débonnaire accorda aux Chanoines des rues adjacentes à la Cathédrale, et nécessaires pour remplacement du cloître. Flod. L. 2. Cap. xix et L. 3. Cap. x.

(2) Voir dans Anquetil : Histoire de i^eims^ 1756. T i, p. 2S0 et suiv., la liste des anciens officiers des Archevêques. Marlot. Edit. de l'Académie. T. i , pag. 635-685 (Ed ).

Ils y eurent ainsi dans leur église un pouvoir absolu, qu'ils méritèrent par leurs bienfaits et dont les Rémois auroient dû, dans tous les temps, les voir jouir sans envie, puisqu'ils en ont presque toujours usé autant pour la gloire et l'intérêt des citoyens que pour les leurs propres. Mais^ dans leurs maîtres, ils méconnurent leurs prélats et leurs bienfaiteurs, et M. Anquetil, leur historien (1), homme aussi téméraire que partial, s'est acharné à révéler leurs moindres fautes, à leur en supposer même gratuitement, et par là a rendu en général leur mémoire aussi odieuse aux habitants qu'elle devait leur être chère et respectable.

Ce n'est pas que nous ignorions que plusieurs d'entre eux ont commis des fautes ; nous avouons même que le malheur des temps, l'ignorance et la

(1) A qui, en effets la ville de Reims doit-elle le haut degré de puissance dont elle a joui autrefois et la splendeur dont elle brille encore aujourd'hui? Qui lui a mérité le privilège flatteur d'être la ville du sacre? privilège qui la distingue des autres villes du Royaume, et qui est comme un canal toujours subsistant d'où coulent sur elle et en abondance les faveurs et les bienfaits de nos rois. A qui est-elle redevable de ses plus belles églises, de ses hôpitaux, de ses foires qui ont établi et apuré son commerce, de ses riches monastères, de ses écoles, de son Université? N'est-ce pas à la sainteté des Rémi, des Nicaise, des Rigobert ; au zèle des Hinctnar^ des Gervais, des Guillaume; à l'habileté des Foulques, au crédit des Tilpin, des Hervé, des Renaud de Chartres; aux libéralités des Sanson^ des Henry de France, des Odalric, des Guy de Châtillon et de presque tous les Archevêques ; enfin aux grande vues et au génie des Gerbert, des Ivelle, des Guy de Roye, des Charles de Lorraine et des Le Tellier.

M. Anquetil n'a pu se dissimuler ces bienfaits; il les étale même quelquefois avec magnificence et profusion, mais en ennemi adroit et rusé; en les avouant, il en ternit souvent l'éclat par le fiel de sa satyre, et en présentant la plupart des Archevêques et leur autorité dans la ville comme contraire aux intérêts des citoyens^ il étoutfe injustement leur reconnaissance et leur respect. (Bauny )

surprise ont donné quelquefois à l'Eglise de Reims des prélats peu dignes d'en occuper le siège; mais ce malheur commun à tous les sièges et à tous les gouvernements n'a pas été si grand pour Reims que pour bien d'autres villes; et nous pouvons môme dire avec vérité qu'aucun siège n'a été occupé par plus de grands hommes et de vrais pasteurs que celui de notre Métropole.

On rapporte à l'activité et à Thabileté de Foulques le principe des richesses et même de la puissance temporelle dont jouirent les Archevêques de Reims.

Depuis lui, ces prélats furent longtemps en possession du droit de Commende ou de protection, sur presque toutes les abbayes de leur diocèse, et ce droit leur étoit aussi honorable que lucratif. Les archevêques Foulques, Hervé et Seulphes eurent le plus grand crédit dans TEtat, et, en conséquence, beaucoup d'autorité dans leur ville; mais le droit de juridiction ne devint stable que quand le Comté de Reims eut été donné à l'Archevêque Artaud par Louis d'Outremer. Alors le gouvernement de la ville changea, la puissance des Archevêques s'accrut prodigieusement, et ils devinrent de vrais souverains, ainsi que tous les possesseurs des fiefs de ce temps-là.

Le Comté de Reims n'étoit pas un vain titre, un titre nud; outre le pouvoir de gouverneur qu'il donnoit, il y avoit encore des terres et des prérogatives qui lui étoient attachées. La plus flatteuse et la plus essentielle étoit le droit qu'avoit le Comte de faire battre monnaie à son coin (1), droit que l'Archevêque Artauld avoit reçu de Louis avec le Comté et qui fut

(1) On peut voir la forme et la figure de cette monnaie dans Marlot (latin) Tome i. L. iv, cap. xvi.

peut-être le principe et la cause de Tenvie que les Rémois ont portée depuis à leurs Archevêques.

L'espèce de dépendance directe où ils furent de leurs prélats les aigrit contre eux ; ils oublièrent leurs bienfaits passés, ils ne furent plus sensibles à ceux qu'ils en reçurent depuis ; ils conservent encore aujourd'hui une méfiance héréditaire qu'ils ne peuvent dissimuler, même quand il s'agit des plus petits intérêts.

Ce fut cette envie que les Rémois portoient à la puissance de leui's Archevêques, bien plus que les mauvais traitements quMls en avoient reçus, qui les excita à se liguer contre elle et à former entre eux cette association fameuse connue sous le nom de Commune.

On ne sauroit peindre la fureur avec laquelle ces associations se formèrent et les cruautés qui en furent les suites. Les seigneurs se croyoient de bonne foi possesseurs d'un pouvoir légitime qu'ils vouloient défendre, et l'envie et l'esprit d'indépendance qui animoient leurs sujets leur faisoient regarder l'autorité des grands vasseaux de la couronne comme un joug usurpé et tyrannique qu'ils voulurent secouer.

Les Archevêques de Reims, appuyés du grand nombre d'officiers et de vassaux dont ils étoient toujours environnés, luttèrent longtemps contre ces rebelles; mais leur parti, favorisé par la cour, qui y trouvoit son intérêt, prévalut à la fin, et, en 1317, Philippe le Long, sous Robert de Courtenay, reconnut ce droit de Commune à Reims, et accorda aux habilans la permission de garder eux-mêmes leurs portes et leurs murailles, de lever des troupes et d'en faire l'usage qu'ils jugeroientà propos.

Rien n'étoit plus splendide et plus magnifique que

la cour des Archevêques avant rentier et parfait établissement de la Commune à Reims. Dans ces tems reculés, ils avoient des vassaux qui étoient autant de braves et d'excellens guerriers^ à la tête desquels on les vit quelquefois affronter les plus grands dangers et rendre de vrais services aux rois eux-mêmes et à l'Etat.

Ainsi, en 920, on vit l'archevêque Hervé aller, à la tête de 1,500 hommes de ses vassaux, au secours du roi Charles le Simple, et Tannée suivante l'enlever du milieu de ses ennemis et l'amener lui-même à Reims à travers mille périls et mille dangers. Les Archevêques marchoient alors en princes et en souverains, escortés de soldats sous des officiers distingués par grades militaires comme ceux des troupes du roi; et ils étoient accompagnés de ce cortège nonseulement dans leurs expéditions militaires, mais aussi dans les visites de leur diocèse et quelquefois même dans leur propre ville. Les charges de leur maison portoient les mêmes titres et supposoient les mêmes fonctions que celles de la couronne. Ceux qui en étoient revêtus jouissoient à proportion des mêmes prérogatives.

La juridiction et les droits des Archevêques de Reims sur les villes des diocèses suffragans n'étoient pas moins étendus et ne leur étoient pas moins honorables. Un Archevêque alors n'étoit pas plutôt élu qu'il en donnoit avis aux églises de son ressort et aux principaux seigneurs. Il leur inliquoit le tems de sa visite et dirigeoit ordinairement sa marche toujours pompeuse et brillante vers les principales villes des diocèses suffragans. A l'arrivée du Métropolitain, les affaires cessoient; on voyoit dans tous les ordres une égale émulation à honorer par une pompe

éclatante le triomphe du prélat. Le peuple et le clergé, les magistrats et les princes mêmes alloient au devant de lui (1). Les prisons s'ouvroient et tous les bannis rentroient dans la ville sous la sauvegarde du Métropolitain. Tels étoient autrefois les honneurs que les villes et les évêchés suffragans de Reims rendoient au Métropolitain. Leur haute naissance, le crédit dont il jouissoient toujours à la cour des princes et l'influence qu'ils ont eue presque dans tous les tems aux affaires de l'Etat, leur ont conservé jusqu'à ce jour beaucoup de ces droits honorifiques que la piété des grands ainsi que du peuple leur avoit anciennement accordés.

On voit aussi dans une lettre d'Innocent III, adressée à l'archevêque Guy-Paré, quelle étoit alors Tétendue du domaine des Archevêques de Reims. Le Pape y déclare ce prélat métropolitain des diocèses de Soissons, Laon, Cambrai, Beauvais, Châlons, Senlis, Noyon^ Amiens, Arras, Tournay et Thérouenne. Il lui reconnoît le droit de juridiction temporelle et spirituelle sur les abbayes de Saint-Remy, de Saint- Nicaise, Saint-Denis et Saint-Pierre-les-Dames, de Reims ; et hors de la ville, sur celles de Mouzon, Saint-Thierry, Hautvillers, Saint-Bàle, Igny, Epernay et Avenay. Le droit de patronage sur les monastères d'Orbais, dans le diocèse de Soissons, et de Césoing, dans celui de Tournay. Les habitants des villes de Saint-Quentin et de Saint-Vallery sont marqués dépendans de sa justice et obligés de venir plaider à

(1) Les honneurs que les grands et le peuple rendent aux Archevêques, lors de leur visite dans le Diocèse, sont un reste de ces anciens usages et du respect profond qu'on leur portoit alors, et qu'on leur doit encore aujourd'hui aux termes des ordonnances. (Bauny.)

sa cour. Le Pontife confirme ensuite au Prélat le domaine sur la ville de Reims avec ses dépendances, Vitry, Vertus, Rethel, Châtillon-sur-Marne, Epernay, Roucy, Fismes, Braine, Château-Porcien, et plusieurs châtellenies dont les comtes de Champagne, qui les possédoient, dévoient faire hommage aux Archevêques.

Dans ces mouvances sont compris le château de Bouillon, que l'évêque de Liège tenoit sous la même condition d'un hommage, le comté d'Osmont, le fief de Grand-Pré et autres tenus par différents seigneurs dont TArchevêque n'a que la suzeraineté. Eiifin cette longue énumération est terminée par les noms des principales terres attachées indivisiblement à l'Archevêque, comme les châteaux de Mouzon, Bétheniville, Sept-Saulx, Cormicy, Courville, Chaumuzy et le Sténois ou Sédanois (1).

Les titres distincts qui décorent aujourd'hui le siège de Reims sont ceux de duc, de premier Pair de France, de Légat-Né du Saint-Siège apostolique, de Primat de la Gaule-Belgique, auxquels titres on peut joindre le privilège singulièrement honorable de sacrer nos rois.

Les Archevêques de Reims n'ont eu le titre de Duc qu'en 1180 environ; jusqu'alors on ne reconnaissoit que celui de Comte, On ne peut dire aujuste qui leur a donné celui de Duc, et à quelle occasion leur Comté fut érigé en Duché, mais M. duTillet remarque qu'au commencement du règne de Philippe II, Reims n'è-

(1) Privilegium générale jurium omnium, ac bonorum Archiepicospatûs Remensio ah Innocentio summo Pontifice Guidoni concessum CAn Î205.) Dom Marlot, lalin. Sec, Pars. Lib. m. Cap. XIX, fol. 461 . — L'édition française donnée par l'Académie de Reims ne contient pas ce document. (Ed.)

toit encore que Comté, et qu'en H80, il est nommé Duché dans d'autres chartes, ce qui donneroit lieu de croire que c'est à ce Prince que les Archevêques ont l'obligation de ce titre honorable.

Les Fiefs attachés à ce duché étoient cinq Châtellenies : Cormicy, Attigny, Bétheniville, Courville et Sept-Saulx, et deux Prévôtés : Nogent-la-Montagne et Chaumuzy; des dénombremens plus anciens marquent le château de Porte-Mars (1) et Courcelles, qui, dés 1317, ne sont plus comptés entre les mouvances du duché.

La Pairie est très-ancienne dans TEtat. Ce titre n'appartenoit autrefois, comme encore aujourd'hui, qu'à de très hauts et très puissans seigneurs que leurs forces redoutables, leur naissance ou leur crédit approchoient le plus du trône. Leur nombre ainsi que leurs privilèges furent longtemps incertains ; les rois de la première race consacrèrent leurs prérogatives, et, en 1179, Louis VII, à l'occasion du sacre de son fils Philippe-Auguste, réduisit le nombre des Pairs de France à douze seulement, six ecclésiastiques et six laïques. Il prescrivit alors par une charte leurs fonctions et leur rang dans la cérémonie du sacre, et on voit que le premier est donné à l'Archevêque de Reims, comme le plus éminent en dignité.

(l) Les Rémois, en 1595, quelque tems après l'assassinat du maréchal de Saint-Paul, profitèrent de la vacance du siège de Reims, et sollicitèrent en cour la démolition du château de Porte- Mars. Ils l'obtinrent aisément, et on prétend qu'en moins d'un jour ils n'en laissèrent pas pierre sur pierre, et que les femmes et même les enfants signalèrent leur courage en cette journée . On est surpris que M. Anquetil n'ait pas relevé l'éclat de cette action par quelque brillant parallèle; c'est qu'il n'a sans doute trouvé dans toute l'histoire romaine un tait qui fût comparable à celui-ci (Bauny ).

Le Légat-né est un vicaire apostolique perpétuel que le pape établit dans les royaumes ou provinces éloignées de Rome, pour agir en son nom et le représenter dans toutes les occasions ou assemblées importantes auxquelles il ne peut se trouver par luimême, ni par un Légat particulier. Ce titre fut accordé à la personne de Saint-Remy et ses successeurs s'en sont décorés et s'en décorent également aujourd'hui.

Le nom de Primat se donne à un Prélat qui a une juridiction au-dessus des autres Evoques et Métropolitains (2). Le droit de Primat est déjuger les appellations interjetées par devant lui ou par devant son officiai des sciences rendues par les Métropolitains ou par leurs officiaux, et de donner des visas sur les refus faits par eux aux sujets de leurs diocèses.

L'étendue de la juridiction delaprimatie de Reims comprend toute la Gaule-Belgique, que l'on appeloit autrefois Gaule-Seconde. L'Archevêque tient ce titre des papes Zozine et Adrien P^.

Le privilège de sacrer nos rois a toujours été regardé par les Archevêques de Reims comme une des principales prérogatives attachées à son siège. Ils la fondent sur les bulles des Papes qui leur attribuent ce privilège à l'exclusion de tous les autres

(2) Cambrai et Malines, aujourd'hui archevêchés et autrefois suffragans de Reims, doivent nécessairement dépendre de leur ancienne Métropole, Trêves même^ renfermé dans la Gaule-Belgique, est soumis à Reims, comme nous le voyons dans une lettre d'Hincmar rapportée par Coquault, t. i, page 436. — Cependant, il paroît par cette lettre, écrite au pape au sujet de Rothade, qu'Hincmar convenoit que celui de Trêves, quoique soumis selon l'usage à celui de Reims^ auroit la préséance sur ce dernier, dans le cas où il auroit donné le premier l'ordination dans son église^ et vice versa. (Bauny.)

prélats ; sur la charte de Louis VII, dans laquelle il est réglé que le sacre se fera désormais à Reims par les mains de l'Archevêque, et enfin sur une possession constante et qui n'a jamais été interrompue depuis Louis VII que parce que Reims eut le malheur de tenir pour le parti de la Ligue contre Henri IV, qui fut sacré à Chartres, le 11 Février 1594. Nos rois d'abord peuvent-ils choisir une église plus belle et plus majestueuse? Ce temple antique et respectable leur rappelle, dans cette auguste cérémonie, une époque bien chère à leur cœur : le baptême de Clovis et Fonction sainte qu'il reçut de Saint-Remy, le plus grand évêque de cette église.

Quelle ville encore plus propre par sa grandeur, par l'étendue et la largeur de ses rues à rendre magnifiques et pompeuses toutes les autres cérémonies qui accompagnent ordinairement un sacre? Où pourrait-on trouver des logements plus aisés et plus commodes, et en môme tems un peuple plus courtois envers ses hôtes que celui de Reims? Les éloges que les Rémois ont mérités au dernier sacre, les marques de bonté qu'ils ont reçues de Louis XVI (1), la satisfaction que le Roi et la cour ont fait paraître pendant et après leur séjour, assurent de plus en plus au prélat et à la ville le privilège flatteur qui les honore.

(1) Sa Majesté, pendant son séjour à Reims, a bien voulu faire l'honneur à la ville, à la sollicitation de ses prélats, de poser la première pierre du Collège que l'on y bâtit actuellement. Pour en hâter la construction, elle fit présent de 50,000 liv. et en donna 50 autres pour les embellissemens de la porte dite Porte-aïuc-Férons, qu'on a démolie. Outre les présents magnifiques que Sa Majesté a laits à l'église de Reims, lors de son sacre, elle vient encore de lui attribuer 1,200 liv chaque année, pendant 15 ans, sur une abbaye située en Lorraine,

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