‹ L'église et les églisesChapitre 18 sur 45 · La France chrétienne dur..; FUisloire, p · texte numérisé non relu

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Mais les siècles ne verront pas la faillite de cette promesse : en moins de cinquante ans. sans même que le ciel ait paru s'en mêler, d'elle-même l'Eglise va se ressaisir, triompher de son mal et se rcmellre sur pied.

Des réformateurs se lèvent. Un mouvement de régénération religieuse se dessine dans les monastères, à Clunv surtout1. Les Papes, Clément II le premier (1040), entreprennent ce travail d'assainissement. Ils s'attaquent d'abord à la simonie avec l'appui d'Henri III d'Allemagne ; et, c'est le besoin qu'ils avaient de ce concours de l'Empereur qui les empêcha d'entamer plus tôt la lutte contre les Investitures8. En 1059 pourtant, Nicolas 11 osa remettre en vigueur l'antique tradition de l'élection des papes par le Clergé romain, ne laissant ;'i l'Empereur, pour ménager la transition, qu'un vague privilège de confirmation3. M;iis

1. Cf. La France chrét. dans l'Iiixl., Liv. IV. c. 2. — 2. Delarc, Grégoire VII. Introd. L. V. 3. G.Gotau,

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ce furent Grégoire VIT, et, après lui, Urbain 11, tous deux sortis de Cluny, qui engagèrent et soutinrent héroïquement, contre toutes les forces déchaînées de leur temps, ce duel formidable de la Papauté et de l'Empire pour arracher l'Eglise à l'étreinte du despotisme royal et lui rendre la liberté des élections canoniques.

— A mesure «pie la Papauté reprenait son prestige avec son indépendance, la confiance des peuples sollicitait son intervention dans les affaires publiques.

On en appelai! au Pape de toutes les oppressions. On voulait qu'il se fît le modérateur, le justicier des puissants et des princes. Le prestige de son autorité morale apparaissait comme un contrepoids nécessaire aux mœurs rudes cl batailleuses de ces siècles turbulents.

La guerre, qui jadis avait été l'unique souci des nations barbares, restait tou-

Les Papes el lu civilisation, p. r>r>. — Kt mu, L'Église aux tournants de ^histoire, p. 60.

jours Tunique métier (\r-< seigneurs féodaux ; mais, elle étail surtout une calamité pour les populations.

L'Eglise travaillait à assouplir, à détendre, à briser ce régime de fer qui paralysait ioute la vie soeialc.

Elle cul reprit l'éducation de cette aristocratie militaire, tyrannique et brutale, d'où sortira, à force de temps et de patience, la Chevalerie, cette merveilleuse école du soldat chrétien, qui élève le métier de la guerre à la hauteur d'une institution religieuse1.

I )és le Xe siècle 1 988), elle avait imposé la Trêve de Dieu dont Urbain II élargil encore les bases. Ce n'était pas le désarmement, la pacification totale, mais des armistices réguliers, ;'i certaines fêtes, à certaines époques, des répits fréquents qui laissaient aux adversaires le temps de négocier, de s'entendre, et, peu à peu, de comprendre qu'on pouvait vivre tout

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