‹ L'église et les églisesChapitre 20 sur 45 · GOYAU. Les Papes et lu Civilisation, p · texte numérisé non relu

GOYAU. Les Papes et lu Civilisation, p

— Balmês. De F adoucissement des mœurs par l'action de l'Église. — L. Paolot. Urbain II, p. 312.

2. Bréhier. L'Église el l'Orient au Moyen âge. Les Croisades. — (i. Gotau. Les Papes et la Civilisation, p. 76. Vieille France et jeune Allemagne, p. I. — L. Paolot. Urbain II. p. 284. — EUenne Lamy, /.<> France du Levant, p. 52i

lique debout, dans un même élan de foi, pour la défense de la chrétienté.

Voilà le mot que retenait ma plume, parce que je voulais lui conserver, ici, tout son sens historique : La Chrétienté !

Un moment, on en avait vu l'esquisse, au ix° siècle. Maître de l'Occident chrétien, Charlemagne apparaissait comme le Protecteur-né de l'Eglise. Il en remplissait la fonction avant même que le Pape lui en conférât le titre, en le couronnant Empereur d'Occident. L'effort était prématuré ; en tout cas, cela n'eut qu'un temps. Le pouvoir était chrétien ; les mœurs ne l'étaient pas encore ou ne l'étaient pas assez ; et le démembrement de l'Empire, à la mort de Charlemagne, faussa l'institution en brisant les cadres politiques de la Chrétienté.

Les Francs n'onl pas renoncé à la mission, mais le titre leur échappa; tandis que les rois de Germanie, héritiers du titre, en abusèrent pour exploiter l'Église au lieu de la protéger. C'était toujours le Pape qui couronnai! l'Empereur, maisl'Empe-

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reur faisait les Papes et les dominai! '.

Il t ; » ut donc attendre le xme siècle pour que celte grande pensée du moyen Age prenne corps et fasse figure. Ce n'était certes pas l'idéal ; car, si les mœurs étaient devenues chrétiennes, tous les rois de cette époque ne valaient pas St Louis ; mais, c'était un acheminement, un résultai qui n'a pus été atteint depuis.

C'est là qu'il faut prendre le moyen âge, et, en France, pour le juger sous son vrai jour. Et, d'aller rechercher les abus, les violences des siècles de fer, les misères de celle période ingrate de transition pour en l'aire aujourd'hui grief a l'Eglise, c'est deux fois malhonnête ; car, tout d'abord, rien qu'à les sortir ainsi de leur milieu, on déforme les choses, et, pour comprendre le passé, il est indispensable de se refaire une mentalité d'ancêtre.

En réalité, celle société en formation des xe et xie siècles, sur laquelle

1. <;. Goyau, La Papauté cl le Césarisme germanique. Cf. Acs Papes el la Civilisation, p. 81» 91.

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pesaient encore 1rs vieilles tares de la barbarie, n'étail qu'une ébauche de la civilisation chrétienne ; et, loyalement, pour apprécier une œuvre, on attend qu'elle soit l'aile.

(Juand nous disons la Chrétienté, nous autres, nous l'entendons de la collectivité chrétienne sur le terrain exclusivement religieux. Au moyen âge, on l'entendait dans l'acception complète du mot, la plus haut»' el la plus largo : la collectivité chrétienne, mais organisée comme telle sur le terrain politique el social.

Los mœurs, les institutions et les lois, le peuple et ses chefs, la société comme tuvernement, tout était chrétien. ( )n ae déchirai! pas l'homme en deux pour opposer, au croyant qui dépend de l'Église, le cil., yen qui dépend de l'Etal : car, le Pape el I Rmpereur, « ces deux moitiés de Dieu comme <lil Victor Hugo, B'entendaienl el se donnaient la main.

L'Eglise el l'Étal étaient unis sans se confondre, el leurs opérations, distinctes

ou conjointes, trouvaient, dans le principe supérieur «le la religion, l'équilibre el l'harmonie qui maintenaient l'unité et la paix dans tout le corps social '.

Les nations étaienl groupées dans l'Eglise; et, fille aînée, la France, en ce temps-là, donnait le ton dans la maison de sa mère.

Gel ensemble des nations catholiques formai! la Chrétienté, le bloc catholique; mais chacune d'elles avait son autonomie politique.

Le roi n'était pas vassal du Pape. Il ne tenait pas ses pouvoirs de l'Eglise; mais, en tant que chrétien, il étail sujel de l'Eglise. Ses devoirs d'Etat, les actes de son gouvernement, la politique et la guerre, relevant de la loi divine, relevaient de l'Eglise, et, par conséquent, du Lape ; en sorte que, sans que cela impliquât une ingérence directe dans les affaires de l'Etat, par la logique même des choses, le Pape avec son ma-

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