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I. Janssbn. L'Allemagne à la fin du moyen âge

Liv. II. p. 111.

gistère spirituel et sa suprématie moral».', était devenu la première des puissances au sommet île la hiérarchie sociale.

Là encore, il faudrait dire : « ce sont les siècles qui ont fait cela ».

Pour consolider et mener à bien l'œuvre de la conversion des barbares, l'Eglise avait dû entreprendre leur éducation sociale et politique. Et, c'est précisément parce qu'elle avait été l'âme de celte société en formation qu'elle en gardait la direction morale.

I le monde nouveau, création de l'Eglise, reposait sur elle. Les peuples, en prenant leur autonomie politique, ne rompaienl poinl avec la grande famille chrétienne, et, le même lien qui les rattachait individuellement à l'Eglise les retenait unis entre eux, comme les parties d'un même tout. Il y avaitalors une va sic confédération des Élats catholiques qui trouvai! son cenl re < Tu ni lé- dans l'Eglise, el qui formai! la chrétienté. Le Pape, naturellement, <-n était le Chef; et, à ce poinl de vue supérieur, les souverains

temporels, de leur plein gré ou malgré eux, relevaienl de lui.

Représenta ni de la justice et du droit, défenseur de l'ordre publie, en dehors ei au-dessus «les nationalités, fortement appuyé sur le peuple, il jouait, dans celte confédération des Etats chrétiens, un rôle de tuteur et d'arbitre. 11 reprenait les rois injustes et scandaleux. Il prévenait ou apaisait les conflits. Il jetait dans les balances de la diplomatie le poids très lourd de son autorité.

La Papauté- si1 dressait contre toutes les tyrannies ; c'est vers elle que montaient la plainte tics foules cl les grands courants d'opinion. Tous comptaient sur elle et les puissants comptaient avec elle. Elle était le centre vivant, l'âme, l'armature de la chrétienté.

On le vit bien au cours de ce Jubilé qui clôtura le xiu'' siècle et qui prit tout à coup les proportions et l'éclat d'une apothéose. L'alïlucnee des pèlerins fut telle, que Rome garda dans ses murs, pendant toute l'année, une moyenne de

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