Taink, /.'- régime moderne. T. Il, p
rêter les communications du St-Siège, et, les Bulles pontificales sont nulles el
non avenues si elles ne sont enregistrées au Parlement avec le visa de César.
Ces monarchies de haute mine et de grande allure, dissimulaient, sous de belles apparences de santé, des maladies morales dont ni le clergé ni les ordres religieux ne furent complètement indemnes. Elles ne connurent pas les lentes décadences du Bas-Empire : elles furent balayées tout d'un coup par la I dévolution qui ébranla toute 1 Europe.
El >i l'Idée révolutionnaire a eu cette force d'expansion el de pénétration, c'esl que le siècle (Hait mûr pour la féconder ; car ces Idées-forces, comme on dit, doivent, bien souvent, toute leur fortune au milieu où elles tombent.
La vraie cause de la Révolution n'est donc pas dans les abus de l'Ancien régime ; elle est plus lointaine et plus profonde : ce monde-là a croulé parce qu'il élail rongé, dans ses pièces maîtresses, par les doctrines licencieuses et anli-
sociales de libre-examen et de librepensée dont les philosophes du xvme siècle, après ceux de la Renaissance et de la Réforme, l'avaient infesté.
Et il est piquant de noter que, par un curieux retour des choses, ce soit la Révolution, fille malfaisante de l'humanisme, qui, en brisant le joug du Césarisme, ait permis à la Papauté de ressaisir les églisesnationales, parles concordats — plus de trente, au cours du xix" siècle — el de reprendre, par les nonciatures et par le jeu normal des institutions démocratiques, la tutelle générale de la société chrétienne.
M. (t. Goyau, dont la plume si sûre excelle à dégager des faits la philosophie de l'histoire, explique à merveille cette transformation que je ne puis qu'indiquer.
Sous les rois absolu . les catholiques n'étaienl que sujets : dans l'Etal parlementaire, ils --ont citoyens. Et les luttes politiques devenant, plus que jamais, sous l'active poussée de la Franc-
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maçonnerie, des luttes religieuses, les groupements de catholiques sonl devenus fatalemenl des partis politiques, partis d'opposition ou partis de gouvernement, qui en Belgique, en Allemagne, en Italie, en Angleterre, plus qu'en France hélas!
contraignirent le pouvoir à compter avec leur chef naturel, le Pape1.
D'autre part, les Puissances ont renoué des relations diplomatiques avec le St- Siège ; elles recherchent son influence et se la disputent, jusque et surtout dans les questions de politique extérieure, si étroitement liées à la question des missions.
On ne peut nier que, depuis la Révolution, la Papauté a singulièrement grandi.
Le Concile du Vatican qui s'est ouvert en 1868, sans que les Puissances y fussent convoquées, eequi ne s'était jamais vu, a eu ce double résultat d'affirmer la souveraine indépendance de l'Eglise vis
l.G. Goyat, les Papes et la Civilisation. — Tainf, Le régime moderne, II. p. \.
S4 l'église et LES ÉGLISES
à vis des Etats et la souveraine autorité du Pape dans l'Eglise.
L'attentat du "20 septembre 1870 qui devait, dans le plan des secles, porter un coup mortel à la Papauté, a rehaussé son prestige dans d'extraordinaires proportions.
Jamais le Pape n'a été plus respecté, plus obéi, plus aimé que durant ces trente-huit années de captivité. Jamais il n'a eu un pareil empire sur les âmes, un tel ascendant sur les gouvernements, autant d'influence dans les chancelleries que depuis qu'il est dépouillé de tout appui humain1.
A force de voir ainsi, les entreprises malfaisantes <l<-s hommes tourner à bien quand même, ne dirait-on pas qu'il entre dans \c Plan de la Providence de faire faire les basses besognes par ceux qui ne son! pas de la maison, par des mer-
I. (i. FoNSBORivE, Le» Lulles de r Eglise au XIX' tiède. Cf. I.- Siècle, T. III. )>, 128.
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cenaires el que ces coalitions politiques, ces sectes hostiles qui n'ont l'ait que changer de noms, <|ui s'agitent autour de l'Eglise comme autrefois Moab et Amalec autour du Peuple de Dieu, ne sont que des équipes de manœu\ res. Dieu les mobilise d'un signe, quand l'heure est venue de transformer la l'ace des choses. 11 les lient à l'écart, en réserve, dès que les gros travaux de terrassements el d<" démolition sont achevés.
Un s'imagine qu'ils détruisent pour détruire; eux. surlout, le croient et s'y emploient avec acharnement ; mais, après, on s'aperçoit qu'ils déblayaient le terrain el qu'ils préparaient l'avenir: Sulutem ex inimicis nostris !
C'est ainsi, qu'après avoir feuilleté rapidement, en une heure, l'histoire de vingt siècles, lorsqu'on ferme le livre sur la dernière page, on a la perception très nette «pie le Chris! est avec son Église, qu'il la soutient, qu'il la gouverne cl que les Puissances adverses ne l'écraseront jamais !