II. — LES EGLISES
A trop insister sur ses tribulations, sans parler ;i peine de ses œuvres, on risque de fausser, d'altérer au moins la sereine physionomie <lc l'Eglise, car, d'accentuer seulement un (rail aux dépens tics autres, cela suffit pour rompre l'harmonie <lu plus charmant visage.
J'ai voulu mettreen relief l'endurance de l'Église, plutôt que sa fécondité ; sa forée de résistance, plutôt que sa force de vie ; mais Tune ne suppose-t-elle pas l'autre, puisque c'est la vie qui résiste? Je l'ai l'ail parce que cet aspect «les choses répond mieux aux préoccupations de noire temps.
Je n'ai rien dissimulé ni des défaillances des hommes d'église, ni des divines faiblesses de l'Eglise, je veux dire son dénuement et la déconcertante simplicité
de ses moyens d'action, afin qu'il fût bien évident que la crise actuelle n'est pas plus redoutable que vingt au tirs ; et, qu'après avoir triomphé des pires, elle se tirera de celle-là.
De même qu'après l'avoir vue si petite, l'Eglise de Jésus, au matin de la Pentecote, chétive comme une jeune pousse que le pied d'un entant aurait écrasée, on ne peut, sans l'intervention divine, expliquer quelle ait pu triompher du paganisme; lorsqu'on a compté les tempêtes formidables qui l'ont assaillie depuis, et qu'on la retrouve debout encore après vingt siècles, tenant tête aux orage> avec la même vigueur qu'autrefois, on est obligé d'avouer que cette extraordinaire survie, dans de semblables conditions, anormale, au rebours des lois de l'histoire, trahit la main de Dieu.
Hii'ii qu'à l'examiner ainsi par le «I eh ors, du fait seul de son développement H de s;i durée el sans avoir touché à la théologie, nous voilà donc en possession d un double témoignage, historique, ra-
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tionnel, de pare philosophie (jiii n'implique aucune foi confessionnelle et que, pur conséquent, aucun esprit loyal ne peut récuser a priori.
N'aurions-nous pas profil à renforcer encore ce témoignage en comparant l'Eglise avec les groupes religieux qui vivent à côté d'elle, qui ont des traits communs avec elle, qui se disent et qui se croient, chacun à l'exclusion des autres, la Religion de Jésus !
Dans la montagne, le géant de la forêt, le chêne séculaire provoque et relient l'attention. Son tronc noueux, énorme, balafré, accuse sa vigueur et ses luttes : car, si l'ouragan ne l'a jamais vaincu, il l'a mutilé. Tantôt c'est la foudre, tantôt c'est le vent ; et, ces branches cassées où la sève est lente à mourir, ont de telles proportions qu'elles font encore, sur le sol, figure de grand arbre: les églises d'Orient, les églises protestantes sont des branches détachées du catholicisme.
L'Islamisme n'est point une branche
cassée, c'est une liane parasitaire qui a ses attaches profondes à la racine de l'arbre, à la souche du Judaïsme et dont il faut dire un mot, car il s'est a griffé à l'Église pour l'étrangler sous son étreinte nerveuse, pour l'écraser sous sa frondaison touffue et malsaine.
Islamisme. — J'ai hésité à faire ici une place à l'Islamisme et j'entends bien, en le rapprochant des églises d'Orient et du Protestantisme, ne pas le mettre sur le même rang.
.l'en parlerai ;'i cause surtout «les coups qu'il a portés au Christianisme, car ce fui un rude adversaire ; pour la pari aussi de vérité qu'il contient ; et puis, notre France égarée, qui renie le baptême de Reims, n'a-t- elle pas affirmé, parla bouche de .M. le Président de la Repu-
blique, qu'elle se glorifie d'être une grande puissance musulmane ! '
L'Islamisme esl une religion et une politique : plus encore une politique qu'une religion, en ce sens que Mahomet a l'ail de sa religion un levier pour sa politique : la religion a préparé l'œuvre politique, et, ensuite, elle s'est appuyée
(li'SSUS
('.'esl une religion d'une certaine envergure, étrange, bâtie, au jour le jour, de pièces el de morceaux ; que les conditions historiques de l'époque ne faisaient pas prévoir; que rien n'appelait el dont l'absence n'aurait l'ail aucun vide.
Peut-être, à défaut d'alavisme ou d'influences étrangères, trouverait-on, dans le tempérament de Mahomet, des prédispositions à son rôle de prophète.
Les premières impressions de son enfance sont tout imprégnées il'1 religion.
La Mecque, où il est né, ('-lait la ville sainte de l'Arabie. On y vénérait, dans le