‹ L'église et les églisesChapitre 34 sur 45 · P. Hyacinthe, France el Algérie. Christianisme · texte numérisé non relu

P. Hyacinthe, France el Algérie. Christianisme

el Islamisme, p. 7.

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tant de hâte, sans même y laisser l'allure solennelle de I < ►rient, les mœurs dissolues de l'Islam, qu'on a pu croire que cette licence était pour eux l'article fondamental de la Réforme.

Nous vivons de légendes depuis trois siècles.

Les humanistes, dont la race n'esl pas près de s'éteindre et qui ont été les premières recrues de la Réforme, onl falsifié notre histoire et, surtout, la leur. On n'a pas l'idée de ce qui s'esl publié en Allemagne au xvi" siècle, de pamphlets, de satires, de caricatures, d'écrits tendancieux sur l'Eglise catholique '.

D'ailleurs la critique historique n'esl que d'hier. Nous avons toutà gagner, nous autres, à celle rigueur scientifique qui aligne froidement des documents, qui exhume le passe- tel qu'il est etquicondamne l'historien à n'être plus que le secrétaire impartial «les morts. Je doute que les protestants aient lieu de s'en réjouir autant.

1. Janssen, L'Allemagne el la Réforme, t» >u L le VI* volume.

— Or donc, on nous a répété sur tous les tons, que la Réforme était née d'un généreux sursaut de la conscience chrétienne, en face de la corruption inouïe du monde ecclésiastique du xvie siècle.

Pape, évoques, moines et piètres étaient à ce point dévergondés que le siècle écœuré s'en révolta.

Alors, poussé par la force des choses, porté par le flot de l'indignation universelle, Luther se vit suscité de Dieu, comme jadis Ezéchiel, pour stigmatiser ce sacerdoce déchu et sauver, de ce déluge de boue, la chrétienté.

Les brebis abandonnées, trahies par leurs pasteurs indignes et incapables, appelaient dans la nuit un vengeur et un sauveur: il apparut et se fit le berger du troupeau. Il écarta, comme usée, pourrie, hors d'usage, l'Eglise de Home et mit la sienne à la place, pour libérer, pour épurer la Religion de Jésus: « Dieu veillait avec amour sur Vœuvre de son Fils bienaimé, lit-on dans les manuels classiques des écoles allemandes, au chapitre de

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la Réforme ». — Post tenebras, lux .' après la nuit noire, ce fut la lumière ! Ceci, c'est la légende. Voici l'histoire.

La Papauté, au xvie siècle, portait le poids des rudes épreuves et des failles qui l'avaient accablée aux siècles précédents, et il n'y a pas à atténuer ce que nous avons dit de l'étal de l'Eglise à cette époque ; il est suffisamment triste aussi pour qu'on ne l'exagère pas. Mais Luther n'aurait jamais rien pu faire s'il n'avait eu à exploiter que les désordres et les abus du clergé.

Le mouvement de la Réforme est beaucoup plus vaste et beaucoup plus profond. C'est un véritable mouvement révolutionnaire. Luther a pris prétexte «le-, abus et des désordres du clergé pour le faire dévier sur le terrain religieux.

L'Allemagne était plus malade encore que l'Eglise.

Le régime féodal, qui avait tenu bon jusqu'alors, se disloquait. Les Etals secouaient le joug et s'émancipaient de la tutelle de l'Empire. Le Pouvoir central

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affaibli était impuissant à se défendre et à maintenir l'ordre '. Les princes libertins affichaient un luxe extravaganl et insolent qui rendait plus amères leurs exigences et leurs négligences vis-à-vis du peuple *. La petite noblesse vivait d'expédients, pillait et ravageait les campagnes à main armée :;.

Terrorisés par ces bandes d'aventuriers, sucés jusqu'au sang par l'usure et par l'impôt, sans aucun moyen de se faire rendre justice par «les juges complices ou craintifs qui fermaient les yeux sur les déprédations des nobles, les paysans haineux prêtaient de [dus en plus l'oreille aux doctrines socialistes que piochaient les Hussiles * el s'organisaient pour la révolution.

Les Lettrés, ces intellectuels prétentieux el bouffis d'orgueil qui peuplaienl les I Diversités, répandaient partoutdes principes de rationalisme el de librepensée ; et, c'était, du haut en bas de

I. Janssbn, Opus <-il.. I. H5. —2. Ibid., I. 343,363; II. 135. - Z.Ibid., II. 241. - I. ibid., II.?:>7. 117. 166.

l'échelle sociale, un dévergondage effréné.

Greffez sur tout cela l'aversion de

rare qui divisait depuis toujours Allemands cl Italiens el rejaillissait sur le Pape les vieilles inimitiés qu'avait accumulées contre la cour de Rome la querelle séculaire du Sacerdoce el de l'Empire, puis, une sourde hostilité des populations pour le clergé et pour les moines, à cause du relâchement de leurs mœurs, et, surtout, parce que les grands fiefs ecclésiastiques des Princes Évoques et des riches abbés, durs au pauvre monde connue les fiefs laïques, étaient englobés dans les mêmes rancunes ' :

vous comprendre/, alors qu'il suffisait d'une étincelle pour allumer l'incendie el que Luther avait beau jeu -.

Tout étail mûr pour l'anarchie politique, sociale et religieuse.

Luther n'a rien créé ; il n'a pas été un

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