‹ L'église et les églisesChapitre 33 sur 45 · I. B. d'Avril. Les Hiérarchies en Oriml. Cf. Revue · texte numérisé non relu

I. B. d'Avril. Les Hiérarchies en Oriml. Cf. Revue

de t Orient chrétien, 1899, n°2, p. 143). Pisani. Les

Églises chrétiennes séparées. Cf. Le Siècle, T. III.

Etienne Lamt, Lu France du Levant, p. 356.

DANS L'HISTOIRE l'-l

lait en Orient de nombreuses fondations.

Avec plus de zèle que de sagesse, ils s'y sont comportés comme m Chine, en pays de mission quelconque, sans prendre garde (pie le terrain n'était pas libre, qu'ils entraient clans le champ d'autrui, dans des Églises organisées.

Au lieu de prendre la seule attitude qui convenait el de travailler avec le clergé indigène, en auxiliaires, pour l'aider, ils ont travaillé à côté el pour leur propre compte. Au lieu de s'employer à ramener les brebis dissidentes à leurs pasteurs naturels qui sont les Evoques orientaux, par une simple opération de transbordement, du groupe schismatique au groupe catholique, dans le même rite, ils les ont attirées à eux, ils les ont fait sortir du rite en même temps que du schisme, ils les ont mises au rite latin ; et, avec des brebis orientales, ils se sont t'ait un troupeau latin.

C'est cette méthode d'apostolat qu'on appelle le Latinisme ', et contre laquelle

1. Pitzipios, L'Eijlise orientale, lr" partie, p. 13<'>. l'église et les lg lises dans l'histoihe. — G.

le Cardinal Lavigeric s'était déjà élevé avec tant de force !.

Je ne veux pas faire ici le procès du Latinisme : c'est assez de dire qu'il fut, en ces derniers temps, un grave obstacle à l'Union, le plus grave peut-être, car il n'est plus guère question aujourd'hui de griefs théologiques.

Le Latinisme, en effet, a propagé, dans tout l'Orient, cette idée, celte conviction, que l'Eglise catholique s'identifiait avec le rite latin : que pour redevenir catholique, il fallait se faire latin ; qu'il n'y avait pas d'autre porte que cette porte latine pour rentrer au bercail, et que, par conséquent, l'Union impliquai! l'abandon des rites e! la ruine des nationalités.

Aussi, toutes ces conversions individuelles étaienl considérées, par les communautés orientales, comme autant de défections ; et, plus elles se multipliaient, plus les masses schismatiquei reculaient, inquiètes el réfractaires à l't nion.

Cilé par G. Goi 11 . Vieille France, p. 69. — 1. Baunard, Le cardinal Lavigerie, pp. 111, 1 1 r>, 118.

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Le congrès de Jérusalem a eu ce résultat de détruire ce malentendu el de montrer que si l'Eglise de Jésus avail en I Iccidenl des formes latines, elle n'était pas le ni«'iii> du Hun ii h' absorbée par le rite latin : qu'elle n'était ni grecque, ni latine, mais catholique, universelle, ouverte à Ions cl ([ne les communautés orientales pouvaienl y entrer -uns abandonner leurs antiques traditions.

Il alla plus loin : il déclara que non seulement cette harmonieuse multiplicité de- rites était tolérée, acceptée, mais qu'elle était nécessaire '. Et ces déclarations solennelles furent, quelques mois plus lard, confirmées par >\<> actes formels du Saint-Siège qui condamnent Io Latinisme el interdisent au schisma tique converti de sort ir de son rite -.

hr plus, après avoir beaucoup questionné, beaucoup écouté, sur >\r> rapports très précis el très documentés fournis parles Patriarches, par les Evê-

1. Cf. Discours du Card. Légal au Congrès de Jérusalem. — -J. Leltresapost.de LéonXIIl Praeclara gratulationis et Orienialium dignitas Ecclesiarum.

ques, par les hommes les plus instruits des choses Je l'Orient, le Légat avait exposé au Saint-Siège, dans un Mémoire confidentiel, tout un plan de réorganisation pour ces pauvres Eglises unies d'Orient, si longtemps délaissées, sans prêtres et sans ressources, en face du schisme si puissant et des œuvres latines si prospères. 11 a eu la joie de voir ses conclusions sanctionnées par Léon XIII. Et ce ne fut pas lettre morte, car on a déjà beaucoup travaillé.

Malheureusement, les épreuves de l'Eglise de France ont eu leur contre-coup en Orient ; et l'élan, pour l'instant, est arrêté ; niais il reste vrai que la question de l'Union a l'ait plus de chemin depuis dix ans qu'elle n'en avait fait au cours des cinq derniers siècles: les voies sont tracées, les fossés sont comblés; et, si l'heure est relardée des solutions définitives, du moins, en ce qui concerne les Églises d'Orienl proprement dites, il ne. semble pas qu'elles puissent être ajournées bien longtemps.

dans l'histoire 1 "JT>

Le Protestantisme. — Nous autres, catholiques, nous n'apprécions pas assez la grâce qui nous osl lai le de pouvoir scruter sans appréhension les fondements de notre foi : car, plus nous y regardons de près, plus nous en constatons l'unité, l'harmonie, la cohésion, la solidité ; et, à mesure que nous poussons plus à fond cette expertise, nous nous sentons plus en confiance.

Qu'elles doivent souffrir les âmes délicates, élevées, si nombreuses aujourd'hui dans le Protestantisme, qui ne peuvent garder la sérénité de leur croyance qu'à la condition de ne pas ouvrir le Livre des origines et qui en sont réduites à se laisser porter par un courant dont elles n'osent point explorer les sources pour savoir d'où il vient, ni si vraiment ses eaux sont pures!

Le mal, chez nous, c'est d'ignorer, de ne pas connaître assez, de n'avoir que des notions confuses, superficielles ;

car la sécurité grandit avec la lumière.

Le mal, chez eux, c'esl d'approfondir, c'esl de comprendre ; car, on tremble dès qu'on y voit trop clair.

Combien tristes, en effet, H troublants, pour un esprit lovai et honnête, les débuts de la Rétbnne, son histoire! Et quelle vision décevante que la figure de ses apôtres ! Car, c'est une tare radicale pour uiii- religion de ne pouvoir montrer sans rougir la vie de ses fondateurs.

Un révolté do moindre envergure, un dévoyé plutôt, dont la chute, pour retentissante qu'elle fut, en somiVie, fil plus de lapage que de scandale, ce moine, tomhé qui avait cru entraîner tout son siècle après lui el que personne n'a snivi, M. Loyson avait dit, plaidanl sa propre cause : « Soyons 1rs chrétiens de l'Islam, et les musulmans du Christianisme » '.

Luther et Henri VIII, pour ne parler que de ceux-là, onl été surtout les musulmans du Christianisme. Ils onl pris avec

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