Opéra Luth. t. T. II. p. 228, 2t
3. CHRISTIANI. Luther cl la Prière. Étude sur la vie monastique <]<• Luther d'après l'ouvrage du P. Iu.mfi.k; Luther and Lulhertum [Cf. Rev.d'apol, L906, i:> août et l" septembre, p. n*.>, 510). —
J kNSBBff. Opili '■H. l\t 71 .
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pérer dans le cloître et ses doctrines désespérantes ne sont que l'écho de son propre désespoir.
L'affaire des indulgences, où l'on a voulu voir la cause de sa révolte, en a été tout au plus le prétexte. Le frère Martin était déjà perdu, hérétique dès 1515, rallié aux Ilussites en 1M9 '. Il s'était fait une popularité, bientôt malsaine, par son éloquence puissante, mais audacieuse et téméraire à l'excès. Son langage brutal et grossier plaisait aux foules.
Une fois condamné, en 1!Y20, par le Pape, il ne connut plus de mesure.
11 mil au service de toutes les convoitises sa parole enflammée de tribun. Il se fit l'apôtre de toutes les revendications. Il attisa les haines de classes. Il s'apitoya sur le sort du peuple et entraîna les Princes, par l'appât des biens de l'Église. 11 rallia à sa cause tous les mécontents. Il prêcha l'émancipation universelle :
l Janssbk. Opus cit. II. 7-1, 83.
plus de célibat pour les prêtres, plus de
cloîtres, plus de vœux monastiques ' !
11 se maria lui-même avec une nonne défroquée, Catherine Bora ; et Erasme rapporte qu'un baptême suivit les noces à un mois de distance -.
Ses sermons, ses harangues d'allure biblique, d'une violence inouïe contre le Pape, contre l'Eglise, contre les couvents, finirent par enfiévrer les masses et déchaînèrent une véritable révolution :!.
Kl quand celte effervescence tomba, étouffée dans le sang des paysans et des nobles '', après qu'on eut pillé plus de mille monastères et brûlé les églises par centaines, il ne resta debout que les Princes tout puissants, enrichis des biens de l'Eglise et partisans résolus d'un régime si favorable à leur cupidité et à leur despotisme : car la Réforme,
1. Janssen. Opus. cit. 11,222,294. —2. Lettres d'Érasme citées par Audin. Ilisl. de Luther. T. III, p. 89. 3. Janssen. Opua cit., T. II. 193. — l. Au 'lin //;.-/. de Luther. T. Il, p. U5. Janssen. Opuê cit., II. 192
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pour vivre, s'esl faite césarienne '.
Avec ce principe tyrannique - cujus regio, ejus religio ! le peuple sera de la religion <lu prince», elle livrait aux souverains la conscience des sujets. Elle ne fut, comme tous les schismes instaurés bruyamment au nom de la liberté, qu'une immense duperie. Elle n'açracha l'Allemagne des bras de l'Eglise que pour la jeter toute ligotée dans les bras de l'Etal .
La Réforme religieuse n'était pas viable; elle n'aurail pas eu (le lendemain si elle n'avail été accaparée par la politique.
Elle a duré comme dure nue (''toile fragile qu'on a collée sur un morceau de 1er.
( >u a l'impression de s'enfoncer dans uu cauchemar, quand on étudie, sur les
1 il est inconstestable, 'lit le protestant Jurieu, que la Réformation s'esl faite par la puissance des Princes . Cité par Alzog. Histoire de l'Eglise, T. 11. c. 2 .
Si l'on veut ramener les causes des progrès de la Réforme ;'i des |>iimi|n-~ simples, on verra qu'en Allemagne ce lui l'intérêt des Princes, en Angleterre, la passion 'In toi. cl, on France, l'amour il.- la nouveauté ». Frédéric II). — Janssen. Opus cil. II, 612. : III, 21, 58,64 : IV.
documents de l'époque, dans les livres même de Luther, car il a eu la rage d'écrire, l'histoire stupéfiante de la Réforme. Et je ne parle pas de ses Propos de table, mais de ses discours, de ses lettres, de ses sermons, dont il serait impossible de lire une page un peu caraclérisque devant un auditoire qui se respecte.
— Ou'a-t-il fait, grand Dieu, de la religion de Jésus qu'il devait épurer ?
Il a taillé à tort et à travers, dans le dogme, la morale et les sacrements. Il a supprimé la Messe d, la confession, le purgatoire, la prière pour les morts, le culte de la Sainte Vierge etc. Il abolit le sacerdoce, la Papauté et l'Episcopat.
Il ne reste que des bribes, quelques rites secs, froids, durs, sans idéal, sans élan, sans amour : un jardin dévasté où l'on aurait arraché les plus belles fleurs !
Sa doctrine sur la justification, dont la formule populaire a pénétré jusqu'au