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tin V, Barthélémy Aragazzi, qui commanda à Dona- . tello un tombeau monumental pour la somme de 24.000 écus, excitant par ce luxe insensé les railleries de Léonard r Are tin *.
Pour payer ces plaisirs ou ces fantaisies coûteuses, il fallait beaucoup d'argent. De là la cupidité qu'ont montrée la plupart des humanistes. Filelfe, Pogge et et Georges de Trébizonde ont mendié la faveur des princes de la façon la plus éhontée et ils n'ont pas épargné les plus grossières insultes à ceux dont l'économie trompait leur attente. La même avidité les détermina souvent à vendre au plus haut prix leur talent littéraire, offrant leurs louanges intéressées à qui pouvait les bien payer et exécutant les pamphlets les plus violents sur commande. Pogge fut le type le plus accompli de ces spadassins littéraires qui, par la flatterie la plus éhontée, la diffamation et le chantage, purent donner ample satisfaction à leur soif immodérée de richesses.
Il était une autre sorte de plaisir auquel ces écrivains de la Renaissance étaient particulièrement sensibles : c'était celui de la gloire ; et comment en aurait-il été autrement? La gloire n'était-elle pas le signe extérieur et tangible de l'homme supérieur ; n'était-elle pas la preuve que celui qui en était revêtu avait réalisé en lui cet idéal d'humanité, cette nrtù qui était la fin suprême? Unie à la vanité littéraire, cette passion de la renommée fut poussée par les humanistes jusqu'à la maladie, jusqu'au paroxysme. Ne cherchons pas ailleurs la raison de ces susceptibilités qui nous semblent à bon droit puériles et qui firent souvent éclater à la cour des papes les plus violentes rivalités.
A côté de ces vanités individuelles se développa un