CiAGCOMiuS) loc, cit. — Raphaël de Volterra, loc. cit
colonnes qui s'y encadrent de distance en distance sont les armes de Martin V et comme le sceau mis à cette belle œuvre par son auteur^. La façade fut restaurée, mais il est difficile de préciser les travaux qui y furent exécutés , des restaurations ultérieures les ayant fait disparaître. Enfin, les plus précieux embellissements dont Martin V orna sa basilique de prédilection, furent les fresques qu'il demanda aux deux grands peintres italiens de son temps, Gentile de Fabriano et Pisanello.
Lorsque Martin V l'appela à Rome, en 1426, Gentile touchait à la fin de sa carrière ; il avait déjà peint de nombreux tableaux pour les villes de la Toscane et de l'Ombrie; à Florence, il avait été le peintre favori de l'illustre patricien Palla Strozzi, et à Venise, il avait couvert de ses fresques le palais des doges. L'un des représentants les plus autorisés de l'école ombrienne, maître de Jacques Bellini, unissant dans une heureuse harmonie le spiritualisme et le mysticisme des primitifs avec le naturalisme naissant des tendances nouvelles,il était alors l'un des chefs de lapeinture italienne. Martin \ l'attira par les offres les plus séduisantes : il lui assigna le traitement exceptionnel alors de trois cents florinspar an [environ 15.000 francs). D'ailleurs, n'était-il pas glorieux d'avoir à peindre la vénérable basilique du Latran, la cathédrale de Rome, la mère et la reine de toutes les églises du monde? Gentile reçut l'ordre de décorer de fresques les murs de la grande nef qui s'élevaient entre les colonnades et le toit. Il y exécuta une série de compositions représentant les principales scènes de la vie de saint Jean-Bap-
i. Cependant M. Rohault de Fleurt (Le Latran du Moyen Age^ p. 233) les croit plus anciennes.
tiste, et au-dessus, sans doute dans des médaillons, îl peignit, en grisaille, les Prophètes. Ces peintures ayant disparu, il ne nous est pas possible de connaître le sujet que représentait chacune d'elles ; encore moins pouvons-nous porter une appréciation sur leur valeur et leur signification artistique ; mais nous savons qu'elles excitèrent l'admiration de deux illustres maîtres de la peinture, Roger van der Weyden et Michel-Ange luimême ^
Gentile mourut en 1427, laissant inachevée sa grande entreprise ^. Pour la continuer, Martin V choisit Victor Pisanello, et donna ainsi une nouvelle preuve de son goût éclairé. Successeur de (îentile dans l'œuvre de décoration que celui-ci avait commencée au palais ducal de Venise, unissant comme lui à l'inspiration chrétienne le sentiment de la nature et le souci de l'exactitude, Pisanello pouvait poursuivre seul, avec le même talent et dans le même esprit, les compositions du Latran auxquelles peut-être il avait déjà collaboré. Il y travailla pendant les dernières années du pontificat de Martin V (1421-1431). Malheureusement, ses fresques ont disparu comme celles de son prédécesseur ^ ; lui-même put les voir endommagées et presque effacées par l'humidité. Peut-être d'autres artistes furent-ils adjoints à Gentile et à Pisanello pour la décoration du Latran. Vasari'' mentionne le jeune et déjà célèbre Masaccio, de Florence, qui en effet séjourna à Rome sous ce pontificat. On cite aussi Antonio de Salario, dit le Zingaro ; mais aucun document contemporain ne nous donne leurs noms.