MUNTz, Les Arts à la cour des papes, p
construisait un grand mur entre le Tibre et la voie de Ripa; c'était sans doute un quai destiné à protéger cette rue contre les invasions du fleuve. Si nous en croyons Vasari * , le célèbre architecte Alberti aurait fait le devis d'un portique à colonnade qui s'élevait sur le pont Saint-Ange et, à travers le Borgo, s'étendait jusqu'à la basilique du Vatican. Gregorovius^ n'a pas eu de peine à prouver que si ce dessin a été fait, il n'a pas été exécuté. Ce qui est certain toutefois, c'est qu'après la catastrophe de 1450, le pape fit élargir le pont Saint-Ange et étendre jusqu'à l'église Saint- Celse la place qui y donnait accès. Ces travaux se continuèrent, en 1454, dans la rue Saint-Celse ^.
Les églises de Rome furent l'objet de toute la sollicitude de Nicolas V ; car la restauration des stations était l'un des articles de son grand projet. Sans doute, depuis Martin V, un grand nombre d'entre elles avaient été réparées ; mais il restait encore fort à faire à l'avènement de Nicolas V.
Lorsque, sous Eugène IV, Blondus * visita l'église de Saint-Etienne le Rond, elle était sans toit et cependant, ses colonnes de marbre et ses mosaïques prouvaient qu'elle avait été jadis l'un des sanctuaires les mieux ornés de Rome. Les travaux de réparation se poursuivirent, en 1453 et 1454, sous la direction du célèbre architecte Rossellino. L'on refit le toit et le pavement ; les autels, les portes et les fenêtres reçurent une ornementation de marbre ; enfin, maître Giovanni di Andréa posa des vitraux de sa composition. Le couvent contigu qui se trouvait aussi abandonné