Ibid. I, 139-145. — Pastor, U, 159, note
niface IX avait fait élever au Capitole. ce palais, qui symbolisait la grandeur de la ville et ses libertés municipales, était en partie ruiné. Poggeet Blondus, ces deux amis de l'archéologie classique, l'avaient déploré en termes amers, le premier dans son De pariétale fortunsBy le second dans sa Roma instaurata. De 1447 à 1453, Nicolas V assigna à la restauration du Capitole des milliers de ducats; ses livres de comptes mentionnent la réfection du toit, des portes, des escaliers et des croisées de marbre. Un nouveau palais fut construit pour les Conservateurs ; des sculpteurs et des peintres furent chargés de le décorer ; le marbrier Jacques de Petrasancta y sculpta une porte de marbre et d'autres artistes y exécutèrent les madones qui ornaient le tympan de plusieurs portes et les écussons qui décoraient les murs. Enfin, des peintres dont quelquesuns étaient déjà célèbres, tels que Paul Romain, peignirent les frises et les fresques des grandes salles ^ . Nicolas IV avait construit contre l'église de Sainte- Marie Majeure un palais destiné à la résidence des papes et des chanoines qui devaient la desservir. Nicolas V voulut le refaire dans de plus amples proportions. En 1452, toutes les anciennes constructions avaient déjà disparu et à leur place s'élevait le palais nouveau qu'Albertini appelait « une eeuvre très riche, opus sumptuosissimum - ». A la mort de Nicolas V, il était inachevé et devait le demeurer encore de nombreuses années; sous Jules II, les portes et les fenêtres n'étaient pas encore posées. Quelques réparations furent aussi faites aux palais du Latran, de Saint- Pierre es Liens et de la Monnaie. Mais ce fut au Vatican que
1. Les comptes des réparations ont été publiés par Mùntz, op. cit., I,
â. Albertini, Opusculum de mirabilibus, f° 25.
le pape fît faire les travaux les plus considérables. Si, là non plus, il ne réussit pas à réaliser le plan gigantesque qu'il avait conçu et si la cité papale qu'il avait rêvée, resta imaginaire, il n'en est pas moins vrai que la forme du palais apostolique et de l'église Saint- Pierre fut profondément changée.
L'ordonnance et l'exécution de ces entreprises furent confiées à deux illustres architectes. L'un d'eux est souvent mentionné dans les registres de la Chambre apostolique sous le nom de maestro Bernardo di Matteo, de Florence, et avec le titre d'ingénieur du palais. C'est le sculpteur et architecte florentin Bernard Gambarelli, dit Rossellino^ Quoique un autre architecte, maître Antoine de Florence, figure à côté ^
de lui dans les comptes, c'est lui qui fut chargé de la plupart des constructions de ce pontificat, telles que les bains de Viterbe, les palais d'Orvieto, de Fabriano et de Sainte-Marie Majeure, et qui présida à la restauration de Saint-Etienne le Rond et des citadelles d'Ostie de Spolète ^. Agé d'environ quarante ans, il était dans la plénitude de son talent lorsque le pape lui donna la surveillance des travaux du Vatican.
Cependant la plupart des auteurs du XV® siècle et plus tard Vasari attribuent à un autre, à Leo-Battista Alberti, l'inspiration de la plupart de ces constructions. Rpssellino n'aurait fait qu'exécuter les plans imaginés par la science profonde de son maître Alberti. Cette hypothèse soulève une difficulté : tandis i que Rossellino figure à plusieurs reprises dans les comptes de la Chambre, Alberti n'y est jamais mentionné. M. Mûntz a répondu à cette objection en faisant remarquer qu'engagé depuis plusieurs années
\. Sur cette identification, cf. Muntz, Les A rï*, I, 79-80.