‹ L'église et son œuvre (volume 2)Chapitre 125 sur 133 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Sur le seuil du XIXe siècle, l'Église et la France se rencontrent et se réconcilient

Bonaparte, revenant d'Egypte et passant à Valence, apprend la mort de Pie VI. Il arrive d'Egypte et de Palestine, il a vu, étudié le berceau du christianisme. Il a comparé la religion du Christ à la religion de Mahomet. Le mahométisme lui est apparu comme un cadavre, et le christianisme comme la véritable vie des sociétés. Et ce qu'il aperçoit en France n'est pas de nature à ébranler sa conviction. A la place de la religion chrétienne renversée, il aperçoit les insanités des Théophikmthropes et des prêtres constitutionnels. Il aperçoit de toutes parts les temples qui se rouvrent et les autels qui se relèvent. Il devine les besoins de la nature, les aspirations de l'esprit public, et il se dit :*< Faisons alliance avec la Papauté. Traitons avec le Pape comme s'il avait une armée de 200.000 hommes. »

Il négocie le Concordat.

« Puis, dit Lacordaire prêchant à Xotre-Dame,

COMBATS DE L'tGLISE. — 32

les portes de cette basilique s'ouvrirent, un soldat parut sur le seuil, entouréde généraux et suivi de vingi victoires, où va-t-il? Il entre, il traverse lentement cette nef, il monte devant le sanctuaire; le voilà devant l'autel. Qu'y vient-il faire, lui. Tentant d'une génération qui a ri du Christ? Il vient se prosterner devanl le Vicaire du Christ et lui demander de bénir ses mains, afin que le sceptre n'y soit pas trop pesant à côté de l'épée; il vient courber sa tète militaire devant le vieillard du Vatican, et confessera tous que la gloire ne suffit pas, sans la religion, pour sacrer un Empereur. Il avait compris, malgré toutes les apparences contraires, que le souftle divin ne s'était pas retiré de la France, et c'est là vraiment le génie, de ne pas s'arrêter à la superficie des choses, mais d'aller au fond en surprendre la réalité cachée. C'est là vraiment gouverner les peuples, de ne pas croire à leurs mauvais penchants, et de leur révéler à eux-mêmes ce qui reste en eux de grand et de bon. Ainsi Dieu sauva-t-il la France; ainsi releva-t-il par elle tout ce qu'elle avait abattu! » Saluons du même coup et à la même heure. Messieurs, la double résurrection de l'Eglise et de la France sur le seuil du xix' siècle ! Bonaparte recueillant d'une main les debri> du monde écroulé, et de l'autre signant le concordat avec Pie VII : c'est un siècle qui finit et une nouvelle ère qui commence, arrêtons-nous là, et bénissons Dieu!

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