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I. L'origine de la Renaissance

La Renaissance a pris son origine dans l'importation en Occident de la civilisation grecque. Qui a fait cela principalement? L'Eglise, les Papes. Ce n'est pas contestable. En l'année J453, Constantinople succombe sous les attaques des Turcs conduits par Mahomet IL Quarante mille chrétiens restent sous les ruines de la ville incendiée et pillée. Cinquante mille sont réduits en esclavage. Le reste échappe aux farouches vainqueurs et fuit vers l'Italie sur des galères vénitiennes. Le père des chrétiens, Nicolas V, les reçoit à Rome, mère des nations, leur ouvre ses bras protecteurs. Les fugitifs apportaient les précieuses dépouilles de la patrie, des manuscrits d'auteurs grecs, sacrés et pro-

fanes, riches trésors du passé, dérobés aux flammes ou à l'ignorance des infidèles. On accuse souvent l'Eglise de ne pas aimer la science. Quelle insanité et quel mensonge! C'est nous qui avons recueilli les livres de l'antiquité, alors qu'ils étaient iivrés aux flammes par le disciple du Coran, Mahomet II. C'est nous qui, en 1453, avons ouvert les portes de Rome et de l'Europe aux initiateurs de la Renaissance. En 1453, par l'intermédiaire du Pape Nicolas V, la Grèce entrait dans Rome avec ses poètes, ses philosophes, ses artistes et ses savants. L'Orient se transplantait en Occident, et bientôt par la découverte de l'imprimerie toutes les richesses de l'antiquité païenne allaient être multipliées, popularisées, universalisées. Je viens de nommer l'imprimerie, c'est-à-dire l'instrument de la Renaissance.

IL L'instrument de la Renaissance.

Dès le xme siècle on avait inventé le papier de chiffons, qui remplaçait le parchemin, lequel au vne siècle avait remplacé le papyrus et les tablettes de cire. C'est sur le parchemin que les moines, du vne au xive siècle, avaient buriné leurs livres d'heures et transcrit les ouvrages de l'antiquité. Vers le milieu du xive siècle, les papeteries s'introduisaient en France, et, un siècle après, Gutenberg

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inventait à Strasbourg l'imprimerie (1436). Venise, Bâle, Paris eurent successivement des ateliers typographiques, d'où sortirent les monuments à peu près perdus jusqu'alors de l'esprit humain : Virgile en 1470, Homère en 1488, Platon en 1512. L'usage de l'imprimerie se répandit avec la plus grande rapidité. Grâce à elle, la Renaissance, alors en voie de se produire, opéra une véritable révolution intellectuelle. La Réforme lui dut son triomphe. Mais de ce que la Réforme s'empara de l'imprimerie et s'en servit à outrance pour s'infiltrer partout, il ne s'ensuit pas que cette découverte soit condamnable, et qu'elle mérite les foudres et la réprobation.

Nous voyons l'Eglise accueillir l'imprimerie et l'encourager ardemment. Dès l'origine, en 1647, les . premiers imprimeurs d'Allemagne se transportent à Rome. Ces ouvriers de l'intelligence y sont reçus à bras ouverts par les successeurs de l'Apôtre, et près delà ville sainte, dans le monastère de Subbiaco, dont presque tous les frères étaient d'origine allemande, fut établie une des premières imprimeries d'Italie. L'Eglise, non seulement ne condamnait pas l'invention nouvelle, mais elle l'approuvait, elle la favorisait, elle y apportait l'appoint de sa coopération et le prestige de sa prépondérance.

LES COMBATS DE L'ÉGLISE DANS LES TEMPS MODERNES 3r,i

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