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III. Les merveilles de la. Renaissance

Les merveilles de la Renaissante émanent presque toutes de l'initiative et de Tiniluence plus ou moins directe de la sainte Église catholique. On la trouve partout dans les manifestations intellectuelles et artistiques de cette époque.

Je pourrais vous citer de nombreux hommes d'Église qui ont été inventeurs, littérateurs et artistes. Qu'il me suffise de vous montrer la Papauté tenant la tête du mouvement et entraînant à sa suite les intelligences les plus curieuses et les plus distinguées.

Le pape Eugène IV retient en Italie le savant grec Bessarion et, en le créant cardinal, lui permet de prendre une large part à l'œuvre de la Renaissance intellectuelle.

Le pape Nicolas V s'entoure des savants les plus illustres. Il fait venir de Florence le bienheureux Frère Jean de Fiésole, Fra Angelico, qui portait la double auréole de grand saint et d'incomparable peintre, et il le charge d'orner de fresques les murs de la chapelle papale. En même temps il réunit neuf mille manuscrits et fonde la Bibliothèque Vaticane qui, peu à peu, enrichie par les Papes, s'est élevée au rang de première collection du monde. Elle renferme ce qu'il y a de plus rare et de plus

précieux. On est arrivé à 23.577 manuscrits tant orientaux que grecs et latins, et de premier ordre, sans compter les imprimés et les archives qui sont d'un prix incomparable.

Après Calixte III qui a la passion des manuscrits, et Pie II (JEneas Sylvius Piceolomini), l'homme le plus érudit de son temps, voici Jules II qui encourage principalement les artistes. Il fait venir à Rome Michel-Ange, qui était tout à la fois et au plus haut degré peintre, sculpteur, architecte. Sa nature fougueuse plaisait à Jules II. Energie, enthousiasme, âpreté, rudesse même, telles étaient les similitudes préétablies entre le Pape et l'artiste ; l'un ne pouvait se passer l'autre. Il fallait Michel- Ange à Jules II comme Raphaël à Léon X. Le Pape exige de Michel-Ange la décoration de la Chapelle Sixtine ; l'artiste y travaille pendant quatre ans. il exécute une merveille, et les meilleurs connaisseurs nous disent qu'il n'est pas possible de créer une œuvre plus grandiose et en même temps plus harmonieuse. Jules II rêve autre chose. Il confie au génie de Bramante l'exécution de la basilique de Saint-Pierre, cette colossale construction, le plus beau monument du monde catholique. Enfin, il compose le Musée du Vatican qui fut continué magnifiquement par ses successeurs et qui contient une collection unique au monde de statues antiques, le Laocoon, Y Apollon, le torse du Belvédère et cent autres. « C'est ici probablement, dit

Taine, le plus grand trésor de sculpture antique qu'il y ait au monde. »

Eniin nous arrivons à Léon X, qui a mérité de donner son nom au plus grand siècle littéraire et artistique de l'Italie. Ce siècle a pris le nom de Léon X, honneur qui n'était échu avant lui qu'à Auguste et à Périclès et ne devait échoir après lui qu'à Louis XIV. Léon X rassemble autour de lui, comme dans un immense foyer, toutes les lumières éparses de l'esprit humain, la théologie, la philosophie, les mathématiques, la sculpture, la peinture, l'architecture, la poésie, la musique. Il marche dans Rome avec un cortège d'artistes et de savants, à la découverte des merveilles de l'antiquité, statues, colonnes, médailles, camées, pierres ou marbres retrouvés dans les entrailles de la terre. Raphaël est son bien-aimé. Formé à l'école du Pérugin et de Léonard de Vinci, il les dépasse, et, fixé à Rome, attaché invinciblement à Léon X, il est nommé par lui intendant des travaux de Saint-Pierre et surveillant général des ruines de l'ancienne cité. Il peuple Rome et l'Italie des plus belles peintures sorties de main d'homme.

Ce mouvement puissant de la Renaissance, dont le point de départ était à Rome, dont l'impulsion venait de la Papauté, ne pouvait pas manquer de se propager en France. Ce fut le résultat capital

des guerres d'Italie qui sévissaient alors, et François Ier avec ses goûts d'artiste et de poète fut le promoteur de ce mouvement, de cette importation de la Renaissance italienne sur notre sol national. Il achète à prix d'or les meilleurs ouvrages de Raphaël et de Léonard de Vinci, et il fait à ces chefs-d'œuvre une* réception triomphale dans la capitale. Il appelle à la cour de France les plus grands artistes de l'Italie Léonard de Vinci meurt dans ses bras. Sébastien Serlio et le Rosso édifient le palais de Fontainebleau. Le Primatice, Renvenuto Gellini et cent autres acceptent notre hospitalité, et à leur contact se forment les grands artistes dont la France s'honore : Pierre Lescot, l'architecte Delorme, Germain Pilon, Jean Goujon, Jean Cousin, etc.. Les arts, les lettres, les sciences, tout renaît, tout progresse, et c'est Rome, c'est l'Eglise, ce sont les Papes qui mènent ce grand mouvement.

Sans doute, il y avait un péril dans la Renaissance. La littérature, les arts, et par contre-coup les aiœurs revenaient au paganisme, et nous verrons la Réforme profiter habilement de ce retour dangereux à la vie païenne. Mais il n'en reste pas moins vrai que la Renaissance marque un réveil puissant de l'esprit humain. Ce réveil a été suscité principalement par la Papauté. Que si après cela les ennemis de l'Eglise disent encore qu'elle estl'ad-

versaire des lettres, des sciences et des arts, il n'y a vraiment qu'à les laisser dire, qu'à les laisser épuiser leur provision d'ignorance ou de mauvaise foi. Pour nous, Messieurs, disciples fidèles et éclairés de la Sainte Eglise, saluons en elle non seulement la rédemptrice des âmes, mais encore la mère et la gardienne de la vraie civilisation. Reconnaissons qu'elle est utile à tout, et qu'elle a en même temps les promesses de la vie future et les promesses de la vie présente !

Âmen!

DEUXIEME CONFÉRENCE

L'Église et le Protestantisme 1° LES CHEFS DU PROTESTANTISME

Messieurs,

Le réveil de l'esprit humain, au début duxvi6 siècle, n'était point mauvais, et nous avons vu l'Eglise prendre une part prépondérante dans le mouvement de la Renaissance. Mais ce réveil offrait un danger. On revenait au paganisme, on entrait dans une ère d'indépendance et de révolte. C'est à cette heure-là que naquit le Protestantisme avec son principe du libre examen qui répondait si bien aux instincts du xvi° siècle.

Etudions la Réforme, et d'abord faisons connaissance avec ses chefs. Il y en a trois principaux : Luther, Calvin et Henri VIII. Qui sunt isti^et ttnde venerunt ? Quels sont-ils et d'où viennent-ils? Quelle est la physionomie de ces hommes, et de qui prennent-ils leur mission?

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