III. Les résultats du concile de Trente
Luther avec sa Réforme prétendait tout renouveler; il avait tout détruit. Il avait déclaré brutalement le sacerdoce inguérissable, il l'avait supprimé, et, en supprimant le sacerdoce, il était amené à supprimer l'autel, la messe, le célibat, la confession. En touchant à un point, il avait fait craquer tout l'édifice. Il avait aboli les vœux religieux. Enfin, continuant son procédé révolutionnaire, il avait vomi contre la Papauté les plus grossières injures et il aboutissait à la suppression radicale de toute autorité religieuse.
A la fausse Réforme protestante le concile de Trente oppose la vraie Réforme catholique. Le concile de Trente s'approche du sacerdoce, le panse avec respect, le guérit et le régénère. Dune main toujours respectueuse et tendre, le concile de Trente touche au vieux tronc de la vie religieuse qui avait porté tant de belles fleurs et qui en portait encore d'admirables, et ce tronc est si bien ravivé qu'on voit apparaître de nouvelles branches, plus verdoyantes que les anciennes : la Compagnie de Jésus, l'Oratoire de saint Philippe de Néri, le Carmel de sainte Thérèse, la Visitation de saint François de
Sales, en attendant les Sœurs de Saint-Vincent de Paul et les Petites-Sœurs des pauvres. Et, bien loin de déraciner la Papauté, le concile de Trente en exalte les privilèges sublimes et lui soumet ses décrets qui attendent du Pape le sceau de l'autorité et de l'infaillibilité.
C'en est fait. Les décisions dogmatiques et les décrets disciplinaires du Concile de Trente entrent dans la catholicité, et comme une sève généreuse et féconde ils ramènent partout la vie. L'Eglise sort justifiée, brillante d'avenir, de ces assises solennelles. Elle tient en mains le recueil des canons qui règlent les points contestés de la foi, et celui des décrets qui restaurent la discipline. Les Évèques sont assujettis au Pape par un serment solennel. Les cloîtres se réforment. Les séminaires commencent. Les hospices se peuplent de vierges pour servir les pauvres, et les Écoles de maîtres pour enseigner la jeunesse. Tout le peuple chrétien est assuré de recevoir dans la prédication de l'Évangile une parole vivifiée par les Écritures, et dans la distribution des sacrements une grâce toujours efficace par elle-même, mais rendue plus abondante encore par la pureté rajeunie des ministres qui en accomplissent les rites. L'Église ressuscite.
Amen !
SEPTIÈME CONFÉRENCE
L'Église et le Protestantisme