L'église et son œuvre
Le volume que nous offrons aujourd'hui au public est le troisième de la série qui a pour titre général l'Église et son Œuvre. Après avoir décrit successivement la Constitution intime de l'Église et ses perpétuels Combats, nous exposons dans le présent volume et dans celui qui suivra prochainement ses incomparables Bienfaits.
Des Bienfaits, voilà la réponse de l'Église à toutes les injures, à toutes les calomnies, à toutes les injustices, à toutes les attaques de ses ennemis, et voilà le secret aussi de sa survivance à travers le temps et de son expansion à travers l'espace. Faire du bien c'est son arme et c'est son sceptre, arme toujours victorieuse, sceptre qui finit par incliner les volontés reconnaissantes sous sa douce autorité. L'heure est-elle de rappeler les Bienfaits de l'Église? Qui pourrait les nier? Les impies affectent de les ignorer et les dissimulent habilement, les catholiques souvent les ignokent ou ne les connaissent qu'imparfaitement, presque tous les méconnaissent; de là des haines, des lâchetés, des froideurs pour celle' qui mérite la reconnaissance des individus et des sociétés.
Composées et prêchées en 1894, alors que nous avions la charge d'évangéliser l'importante paroisse de Saint-Paterne à Orléans, ces conférences n'ont rien perdu de leur actualité et de leur opportunité. En les relisant ces mois derniers, au cours de nos laborieuses tournées pastorales, nous n'avons pas jugé qu'il y eût utilité à les modifier; aussi bien pas plus ici que là-bas nous n'avons le loisir ou la volonté de faire œuvre de littérateur ou d'érudit, mais uniquement d'apôtre, d'apôtre qui dit ce qu'il sait vrai, qui le dit avec tout son coeur, qui le dit dans la forme la plus propre à convaincre ses frères.
A la place élevée où il a plu à la divine Providence de nous mettre nous ne demandons qu'un seul concours, celui de porter plus loin notre parole, de lui donner plus d'autorité et, du même coup, de dissiper plus de préjugés, d'affermir plus de convictions, de gagner plus d'âmes à Jésus-Christ. Puissent ces conférences apprendre aux ennemis de l'Église que leur haine encore 'qu'injustifiée est criminelle, aux indifférents que leur apathie est une ingratitude, aux catholiques que leur cause est celle de la civilisation et du bien sous toutes ses formes ; puissent ces conférences faire œuvre de lumière en ces temps de ténèbres 1
Versailles, en la fête de la Pentecôte, 3 juin 1906.
f CHABLES, Évéque de Versailles.